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« Comment tuer les Juifs » : Facebook crée la polémique avec ses annonces ciblées pour antisémites

"Histoire sur la façon dont les Juifs ont détruit le monde". | © BELGA PHOTO BRUNO FAHY

Société

Lorsqu’une marque désireuse d’acheter un encart publicitaire sur Facebook peut tomber sur la catégorie « personne qui déteste les juifs », cela soulève des questions. C’est ce qu’a remarqué ProPublica lorsqu’il a testé l’achat d’encarts en ligne.

Le site d’investigation américain a découvert une faille du système de publicité du réseau social Facebook. Lorsqu’on veut cibler une catégorie de personnes lors de l’achat d’un encart publicitaire, il est possible de tomber sur du ciblage pour personnes antisémites. Ainsi, parmi les ciblages proposés, on peut retrouver : « Comment brûler les Juifs ».

Mais comment cela fonctionne ? Lorsqu’un vendeur décide de faire de la publicité sur Facebook, il faut qu’il détaille le public auquel son produit s’adresse. Ainsi, on inscrit la géolocalisation, l’âge du public cible, ses possibles centres d’intérêt en lien avec le produit… Bref, un maximum de détails pour un ciblage minutieux. Sans cela, Facebook ne sera pas satisfait et ne publiera pas l’annonce.

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Un algorithme fautif

Lorsque Propublica a essayé d’entrer « antisémite » dans la barre de recherche, une série de propositions est alors apparue. Notamment « Comment brûler les Juifs », ou encore « Histoire sur la façon dont les Juifs ont détruit le monde »… Mais Propublica ne s’arrête pas là. En entrant le mot Hitler, une autre volée de termes antisémites apparaît à son tour. Dont une suggestion qui peut échauffer les esprits : « Hitler n’a rien fait de mal ».

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Il faut savoir que le réseau social utilise un algorithme qui crée automatiquement des groupes d’intérêt antisémites. Selon Facebook, cela s’explique par le fait que certains utilisateurs auraient renseigné, dans les champs « éducation » et « employeur » de leur profil, des réponses antisémites, récupérées ensuite automatiquement par le site de Mark Zuckerberg.

Facebook se chargera de corriger ce problème

Facebook, prévenu du problème, s’est empressé de calmer les esprits. Selon l’un des porte-paroles du site, l’utilisation de ces groupes « n’est ni commun ni répandu ». Le groupe a d’ailleurs depuis supprimé ces catégories douteuses et annoncé qu’il ne prendra plus en compte les renseignements que fournissent les utilisateurs sur leur profil pour créer des groupes publicitaires.

Cette correction s’ajoute à d’autres limitations préexistantes, notamment celle qui empêche une marque française de cibler les utilisateurs selon leur origine.

par Mailys Chavagne

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