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Loup Bureau est « très soulagé d’être revenu » en France

Loup Bureau n'est, à présent, plus derrière des barreaux. | © AFP PHOTO / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Société

Après l’annonce de sa libération ce vendredi, le journaliste indépendant est enfin arrivé en France. Son avion a atterri ce dimanche peu avant 9 heures.

Après 51 jours de détention en Turquie, le jeune journaliste indépendant et étudiant à l’IHECS est arrivé dimanche matin à Paris, a annoncé sur Twitter le secrétaire général de Reporters sans Frontières, Christophe Deloire. Loup Bureau s’est dit « très soulagé d’être revenu » en France et « très fatigué« , dans ses premières déclarations à la presse.

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Soulagement pour les parents et proches qui étaient présents pour l’accueillir, aux côtés de la ministre française de la Culture Françoise Nyssen. Cette arrivée au pavillon d’honneur a donné lieu à des scènes d’accolades et d’embrassades, selon une journaliste de l’AFP sur place.

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Même impression du côté du président français Emmanuel Macron qui s’est entretenu avec Loup Bureau au téléphone quelques minutes après son arrivée en France. Le président s’était « réjoui » de sa libération, intervenue dans la foulée d’une visite du ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à Ankara.

Libération incertaine jusqu’au bout

« Je suis très fatigué mais très content d’être là », a déclaré le journaliste, ajoutant qu’il avait été « jusqu’au bout dans l’incertitude de pouvoir partir ». Ses conditions de détention étaient au départ « un peu compliquées » mais « à partir du moment où M. Macron a annoncé qu’il demandait ma libération, il y a eu des changements, les gardiens ont commencé à comprendre que je n’étais pas un terroriste, que les faits qui m’étaient reprochés n’étaient pas forcément vrais ».

« Je n’ai pas été maltraité physiquement mais il y a eu des menaces, des intimidations. J’ai été en garde à vue pendant six jours avant d’aller en prison. C’est à ce moment là où ça a été plus compliqué », a-t-il raconté.

Son père Loïc Bureau a pour sa part donné plus de précision sur sa semaine de garde à vue. « Il a été traité comme les prisonniers kurdes, donc il a subi des sévices physiques (…) et psychologiques. À partir du moment où il était en prison, les choses se sont normalisées ».

Risque de condamnation

Le journaliste indépendant, accusé par Ankara d’appartenance à « une organisation terroriste armée », avait été interpellé le 26 juillet à la frontière turco-irakienne, après la découverte en sa possession de photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG, mouvement considéré comme une émanation du PKK et donc comme « terroriste » par Ankara.

Ces images datent, selon sa défense, d’un reportage sur les conditions de vie des populations syriennes réalisé en 2013 et diffusé sur TV5 Monde.

Loup Bureau « a toujours au-dessus de lui un risque de condamnation, une condamnation extrêmement grave puisque cela voudrait dire que Loup est un terroriste« , a rappelé l’avocat Martin Pradel.

La presse en Turquie

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, une situation qui s’est particulièrement dégradée depuis le coup d’État raté de juillet 2016. Quelque 170 journalistes sont détenus dans le pays, selon le site spécialisé P24.

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Les journalistes turcs sont de loin les plus touchés, mais leurs confrères étrangers ne sont pas épargnés. En mai, Mathias Depardon, un photojournaliste français, était lui aussi arrêté dans le sud-est de la Turquie, soupçonné de « propagande terroriste » pour le compte du PKK pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photos prises lors d’un reportage. Il avait été expulsé après un mois de détention et une importante mobilisation.

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