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Le curieux rituel du « check » d’un professeur américain

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Barry White n’est pas un professeur d’anglais comme les autres. Tous les jours, avant d’entrer en classe, il échange une poignée de main personnalisée avec chacun de ses élèves.

La cloche sonne, fin de la récré. Aux États-Unis comme chez nous, la plupart des élèves attendent en rang, plus ou moins sagement, d’entrer en classe. Sauf dans la classe de Barry White, un professeur d’anglais de Charlotte, en Caroline du Nord. Avant de passer la porte, chacun des enfants de sa classe se présente devant lui et… « check ». De savantes poignées de main, différentes pour chaque jeune étudiant, sont échangées avant le cours. Un rituel qui fait débuter la classe pas un échange physique aussi affectueux que respectueux, qui démontre l’attention que White accorde à chacun de ses petits protégés.

J’ai vu à quel point ça comptait pour eux

« On commence à faire les mouvements et ça crée de l’excitation et les motive pour un cours plein d’énergie », raconte le professeur à la chaine ABC News au sujet de son rituel peu conventionnel. Chaque check est différent et est inspiré de la personnalité de l’élève, qui le maîtrise à la perfection – tout comme White. Tout a commencé avec une seule étudiante : « Elle m’attendait tous les jours avant d’entrer en classe », se souvient l’instituteur. « Elle avait parfois des problèmes parce qu’elle était en retard, parce qu’elle avait attendu notre poignée de main ». L’échange est vite devenu contagieux auprès des autres élèves. « J’ai vu à quel point ça comptait pour eux », explique Barry White, vers qui les élèves des autres classes viennent désormais pour checker. Se souvenir de tous les mouvements n’est pas si difficile, d’après lui : certains sont d’autant plus faciles à retenir qu’ils correspondent à des traits de personnalité des enfants ou à des activités qu’ils pratiquent ensemble, au sein de la Ashley Park PreK-8 School.

Construire un lien

Ce véritable meneur au sein de l’école dit s’être inspiré de LeBron James, son joueur préféré de basket, qui fait de même avec l’ensemble de son équipe. « On voit ce lien et à quel point ils sont proches », analyse-t-il. Une relation qu’il tente désormais, à son tour, de nouer avec ses élèves. Un effort que salue la directrice de l’établissement : « Le seul moyen d’aider nos étudiants à atteindre un haut niveau est d’embrasser ce besoin de profondes relations pleines de sens », adhère Meaghan Loftus. « Les poignées de main de Barry représentent son parti pris authentique de construire ces relations. Quand j’entre dans les classes de mes professeurs, je vois l’impact de ces relations fortes et de confiance. Quand les enfants savent que leur professeur se soucie d’eux, ils sont attentifs, engagés et motivés à réussir. C’est la culture que nous bâtissons à Ashley Park ».

©Pete Souza

Au fil du temps et des époques, le check, symbole de reconnaissance et d’appartenance urbain, a évolué et s’est transformé au sein de la communauté afro-américaine. Il est devenu l’expression d’une certaine fraternité. « On ne tue pas quand on serre la main, du moins, pas dans notre culture », expliquait d’ailleurs à son sujet le rappeur 20Bello, dans le documentaire Shake this out. Barack Obama, grand amateur du check qui a contribué à lui conférer une attitude moderne et proche du peuple, a également aidé à le populariser, à travers ses rencontres avec les citoyens américains.

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