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Le « péage positif » : l’idée de génie des Pays-Bas pour diminuer les embouteillages

Rotterdam a décidé de rémunérer les automobilistes pour les décourager de prendre leur véhicule aux heures de pointe. | © Flickr : Bernard Spragg. NZ

Société

Encourager les automobilistes vertueux qui accepteraient de laisser la voiture au garage en heures de pointes plutôt que de les contraindre ? En voilà une bonne idée.

En pleine semaine de la Mobilité, tous les moyens sont bons pour rappeler aux automobilistes les bons plans afin d’éviter les embouteillages. Du vélo à la trottinette en passant par le covoiturage, changer ses habitudes de transport semble être LA solution pour espérer pouvoir dire adieu aux bouchons.

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Mais outre le fait de promouvoir la multimodalité, les Pays-Bas proposent une solution qui pourrait s’avérer bien plus efficace. Le principe : un « péage positif » pour décourager les gens à prendre leur véhicule pendant les heures de pointe.

Récompense alléchante

C’est à Rotterdam que le projet a été lancé. Pour lutter contre le fléau du trafic routier, la ville propose de rémunérer ses automobilistes pour faire en sorte qu’ils laissent leur char au garage pendant le rush hour. L’objectif, fluidifier au maximum le trafic. « L’idée est assez simple » confie au Figaro Héline Mikielski, chargée de projet mobilité chez Egis dont la filière néerlandaise BNV Mobility a piloté le projet à Rotterdam. « Il s’agit d’agir pour provoquer un changement de comportement des automobilistes », poursuit-elle.

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Il suffit de supprimer 8% à 10% du trafic aux heures de pointe pour le rendre fluide.

Expérimenté à Rooterdam depuis 2010, le système fait déjà ses preuves ayant réduit le traffic de 5 à 10% aux heures de pointe en le rendant généralement plus fluide. C’est que la récompense est alléchante pour toute personne qui accepte de privilégier d’autres moyens de transports. En effet, en prenant le vélo, le bus, le métro ou encore de faire du covoiturage, on reçoit à chaque « trajet sacrifié » un crédit de 3 euros en cash ou de 3,50 euros sur une carte de transport. Un cachet qui peut atteindre jusqu’à 120 euros sur une période d’un moins.

Un projet inspirant

Sur les 10 000 participants, la société a constaté un taux de participation de 40%, soit près de 4 000 trajets évités chaque jour à Rotterdam, rapporte le Figaro. Cependant, le programme est exclusivement réservé à une poignée d’automobilistes sélectionnés. En effet, la société identifie les automobilistes qui empruntent régulièrement les portions de route congestionnées pour dès lors leur proposer d’y participer. Ceux qui acceptent verront ainsi leur véhicule doté d’un système qui détecte les plaques d’immatriculation. Si le véhicule n’est pas détecté aux heures de pointe, le propriétaire bénéficiera de son dû.

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Si le projet coûte plusieurs millions d’euros par an à la ville, il permet néanmoins de faire des économies sur les coûts (directs et indirects) engendrés par les bouchons. En Belgique, on estime le coût des embouteillages à 600 000 euros par jour. L’idée ne peut que donner l’envie de s’en inspirer.

 

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