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L’Australie paie les réfugiés Rohingyas pour qu’ils retournent en Birmanie

Des réfugiés Rohingyas au Bangladesh. | © AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET

Société

Les réfugiés Rohingyas, retenus en Papouasie-Nouvelle-Guinée, reçoivent des milliers de dollars de la part du gouvernement australien, s’ils retournent en Birmanie, où un véritable « nettoyage ethnique » est en cours.

Le gouvernement australien a promis aux réfugiés Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie principalement, qui sont retenus dans un centre d’asile en Papouasie-Nouvelle-Guinée de leur verser des dizaines de milliers de dollars s’ils retournent dans leur pays d’origine, où ils sont pourtant persécutés par l’armée, rapporte The Guardian mardi.

L’Australie a déjà été précédemment condamnée par une haute cour pour maintenir des demandeurs d’asile sur l’île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée où des violations des droits de l’homme ont été constatées. Canberra a depuis lors décidé de fermer ce centre délocalisé d’ici fin octobre. Pour accélérer cette procédure, des représentants du gouvernement ont offert jusqu’à 25 000 dollars australiens (16 600 euros) aux demandeurs d’asile rohingyas qui étaient retenus pour qu’ils retournent chez eux. Sept d’entre eux l’ont affirmé au Guardian.

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Politique migratoire très stricte

Plus de 415 000 personnes ont désormais fui la Birmanie pour le Bangladesh, depuis le 25 août, début de la poussée de violences de l’armée envers des Rohingyas dont des rebelles sont suspectés d’avoir mené des attaques contre des bases militaires et postes de police.

L’Australie est critiquée pour sa politique migratoire très stricte, qui vise à dissuader les migrants d’entreprendre la traversée de la mer par bateau pour atteindre son territoire. Ceux qui sont interceptés sont placés dans des centres de détention délocalisés dans des petites nations du Pacifique le temps que leur demande d’asile soit traitée, mais sans espoir d’être accueilli en Australie.

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Aung San Suu Kyi, vivement critiqué, a parlé

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, ancienne lauréate du Prix Nobel de la paix, est critiquée pour son inaction dans cette crise. Elle s’est exprimée mardi en déclarant que la Birmanie était « prête » à organiser le retour des plus de 415 000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh voisin et se disant « profondément désolée » pour les civils qui se sont retrouvés « pris au piège » de la crise. « Nous sommes prêts à débuter la vérification » des identités des réfugiés rohingyas au Bangladesh, en vue de leur retour, a-t-elle déclaré dans un discours télévisé. Elle a ajouté condamner « les violations des droits de l’Homme » soulignant ne pas avoir peur du « regard de la communauté internationale ».

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Son discours prononcé depuis Naypyidaw, la capitale administrative birmane, et retransmis sur la télévision d’État, était très attendu tant par la population que par la communauté internationale. L’ancienne lauréate du Prix Nobel de la Paix, a décidé de ne pas se présenter à New-York à la tribune de l’ONU, dont l’Assemblée se réunit cette semaine.

(Avec Belga)

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