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Séisme meurtrier au Mexique : La tragédie racontée par les habitants

Les habitants sont sous le choc, 32 ans jour pour jour après le tremblement de terre qui a fait plus de 10 000 morts. | © AFP PHOTO / STR

Société

Secouristes, pompiers, militaires, policiers et volontaires… Ils sont tous présents pour rechercher des éventuels survivants sous les décombres, après le violent séisme qui a touché le centre du Mexique mardi. Plus de 200 personnes y ont perdu la vie. Ceux qui ont vécu cette tragédie de près témoignent.

Le bilan du tremblement de terre de magnitude 7,1 qui a touché le centre du Mexique, dont la capitale, ne cesse de grimper. Au moins 216 morts sont désormais à déplorer, selon le coordinateur national de la protection civile du ministère de l’intérieur qui a revu le nombre de victimes à la baisse. Il en comptait auparavant 248. Les victimes sont réparties sur plusieurs États, voisins de Mexico : Puebla, Morelos, Guerrero et l’État de Mexico.

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Parmi eux, 21 enfants ont perdu la vie dans l’effondrement d’une école primaire de Mexico, et une vingtaine sont portés disparus. « Nous avons un chiffre de 25 (morts), dont 21 enfants » à l’école primaire Enrique Rebsamen, a déclaré à la chaîne Televisa Javier Treviño, sous-secrétaire d’État à l’Éducation, rapporte l’AFP. Certains ont déjà pu être sauvés mais les recherches se poursuivent dans les décombres.

De nombreuses vidéos, publiées sur les réseaux sociaux, témoignent de la violence des secousses. Cette dernière est encore plus impressionnante dans cette vidéo de touristes sur les canaux de Xochilmco, une attraction touristique de Mexico habituellement paisible.

Sous et sur les décombres

Les autorités de la capitale mexicaine ont fait état d’une cinquantaine de bâtiments en ruine. Sur les décombres, les secouristes, policiers, militaires et pompiers s’activent et forment des chaînes humaines pour déblayer les dégâts, à la recherche d’éventuels survivants. Ils n’hésitent pas à lever le poing pour demander le silence, en espérant entendre des cris.

Sont également présents les habitants volontaires, qui n’ont pas attendu l’invitation du coordinateur de la protection civile pour aller aider les secouristes.

Ils travaillent sans relâche, comme le prouve de nombreuses vidéos et photos sur les réseaux sociaux, alors que la nuit tombe. Un travail qui paie car de nombreuses personnes ont pu être retrouvées et sauvées. Parmi ces survivants, un chien retrouvé vivant et porté par la chaîne humaine de secouristes jusqu’en bas des débris.

Solidarité à distance

Partout dans le pays et même ailleurs, la solidarité s’est fait ressentir sur les réseaux sociaux. Le réalistaeur mexicain Guillermo Tel Toro a proposé aux habitants d’utiliser son compte Twitter, suivi par plus de 740 000 abonnés, pour faire passer des informations urgentes ou des avis de recherche.

Des avis de recherche, on en trouve également en bas es immeubles effondrés. Les noms des disparus sont inscrits sur la liste. S’ils sont retrouvés, ils inscrivent le nom de l’hôpital vers lequel ils ont été envoyés, comme le rapporte le Figaro.

« C’était le chaos, des gens criaient, pleuraient »

La capitale, qui abrite 20 millions d’habitants, a tremblé au milieu des cris, des pleurs et de la panique. D’après le journaliste de Radio France Internationale (RFI), qui vit à Cuernavaca, au sud de Mexico, les secousses ont duré un peu plus d’une minute « mais ça paraissait une éternité », rapporte 20 minutes. « J’ai pensé que la maison allait s’écrouler ».

Julio, employé d’un hôtel de Mexico, raconte l’horreur sous ses yeux : « C’était le chaos. J’ai vu deux bâtiments s’effondrer devant moi. Des bâtiments de quatre et dix étages. Les gens n’ont pas pu sortir à temps« , raconte-t-il à Europe 1, toujours sous le choc. « Les gens pleuraient, criaient et puis on a essayé de sortir les gens des décombres. (…) Il y avait une forte odeur de gaz, on a entendu plusieurs explosions ».

Émilie, qui vit depuis trois ans à Mexico, a la chance d’habiter dans une construction moderne qui n’a pas cédée. Après s’être réfugiée pendant la secousse, elle s’est rendue à l’extérieur pour proposer son aide. « Nous avons aidé à évacuer une garderie d’enfants en bas âge (de 6 mois a 3 ans). Une grande solidarité s’est formée très rapidement. Les gens apportent nourriture, eau, couvertures, médicaments… Ils ouvrent leur portes pour proposer un lit où dormir, pour passer un coup de téléphone ou pour utiliser le wifi », raconte-t-elle au Figaro.

AFP PHOTO / Pedro Pardo

Anniversaire tragique

Cette catastrophe s’est produit deux semaines seulement après un autre séisme qui a touché le sud du pays, faisant une centaine de morts. Mais elle survient surtout 32 ans jour pour jour après le tremblement de terre de 1985, qui avait fait plus de 10 000 morts. Comme chaque année pour son anniversaire, les autorités avaient organisé un exercice de simulation destiné à la population. Personne ne pouvait alors imaginer que quelques heures plus tard, un véritable tremblement de terre allait se produire.

Depuis cette tragédie, les autorités mexicaines ont durci les réglementations pour la construction et développé un système d’alerte à l’aide de capteurs situés sur les côtes.

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