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Au Brésil, l’autorisation de « thérapies de conversion » pour les homosexuels crée la polémique

Le conseil national de la psychologie va faire appel de cette décision. | © EPA/FERNANDO BIZERRA JR

Société

La justice fédérale brésilienne vient d’autoriser les psychologues du pays à proposer des « thérapies de réorientation sexuelle » aux homosexuels, malgré une loi de 1999 les interdisant. Des manifestations sont prévues le 23 septembre dans tout le pays.

Pour la communauté homosexuelle, la situation est loin d’être idéale dans toutes les régions du monde. Au Brésil, elle régresse. Alors que les thérapies pour « soigner » l’homosexualité y sont interdites depuis 1999, le juge Waldemar de Carvalho vient d’autoriser les psychologues à en proposer aux homosexuels. Un nouveau virage conservateur qui a provoqué la colère des experts.

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Pour se justifier, le juge considère qu’« on ne peut pas empêcher les psychologues de proposer ces thérapies aux homosexuels qui le désirent », rapporte France Info. Pourtant, la réalité est bien différente. Dans la majorité des cas, ce ne sont pas les homosexuels qui souhaitent consulter, mais bien leurs parents et proches qui les poussent à suivre ces thérapies, alors que celles-ci ont un effet désastreux sur leur santé psychique. D’où leur interdiction en 1999.

Brésil au Moyen-Âge

Dénoncée par de nombreuses associations, cette décision va à l’encontre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a retiré l’homosexualité de la liste des maladies en 1990. De son côté, le conseil national de la psychologie va faire appel de cette décision, considérant qu’elle viole les Droits de l’homme et ramène le Brésil au Moyen-Âge, rapporte France Info.

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Du côté des citoyens, c’est également la gronde. Le 23 septembre prochain, les défenseurs des droits LGBT vont descendre dans les rues des grandes villes du pays pour manifester contre la décision du juge.

Les malades sont ceux qui croient en cette grande absurdité.

Les célébrités du pays ont également réagi face à ce « retour au Moyen-Âge ». Anitta, l’une des plus grandes stars du pays, a publié une vidéo sur Instagram dans laquelle elle regrette que son pays ne se concentre pas sur ses nombreux vrais problèmes. « Voici ce qui se passe dans mon pays. Des gens meurent de faim, le gouvernement tue le pays avec la corruption, pas d’éducation, pas d’hôpitaux, pas d’opportunités… mais les autorités perdent leur temps à annoncer que l’homosexualité est une maladie ».

That’s what happens in my country. People dying, hungry, the government killing the country with corruption, no education, no hospitals, no opportunities… and the authorities are wasting their time to announce that homosexuality is a sickness. Homosexuals and bisexuals now have a treatment for this « sickness » here. So I ask… who is the real sick person here? I’m praying God that these real sick people find the cure of these crazy minds and start to look at the real important things here. / O Brasil se devastando e as autoridades preocupadas com quem queremos nos relacionar. Isso precisa acabar. Deus, cure a doença da cabeça do ser humano que não enxerga os verdadeiros problemas de uma nação. Pais, não obriguem seus filhos a procurarem cura pra uma doença que não existe, baseados neste fato político. Essa busca interminável sim pode deixa-los realmente doentes.

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Ivete Sangolo a, elle, écrit : « Les malades sont ceux qui croient en cette grande absurdité ».

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