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En France, plus de 2 000 CRS se mettent en arrêt maladie pour pouvoir protester

Un policier français à Lille lors de la coupe d'Euro de football, le 1er juillet 2016. | © . BELGA PHOTO LUC CLAESSEN

Société

Privés de droit de grève, les policiers français se sont rendus indisponibles pour pouvoir protester contre une réforme fiscale.

En colère contre une réforme soumettant leur indemnité de déplacement aux prélèvements sociaux, plus de 2 000 CRS (Compagnies républicaines de sécurité) se sont mis en arrêt-maladie ce jeudi 21 septembre pour protester, selon des sources policières et syndicales.

Ras-le-bol général

Sur les 13 200 CRS, répartis en 60 « compagnies maintien de l’ordre », 50 devaient être mobilisées ce jeudi, selon le syndicat, qui estime qu’entre 35 et 40 compagnies sont touchées par ce mouvement. N’ayant pas le droit de grève, la plupart des CRS ont fait le choix de se rendre indisponibles en consultant leur médecin pour obtenir un arrêt maladie.

Ils dépassent souvent les 200 jours de déplacement. Ils sont hyper crevés.

« Il y a un ras le bol général du manque de reconnaissance. En moyenne, les CRS sont 180 jours en déplacement. Pour compenser l’absence temporaire du domicile, une somme de 39 euros par jour est versée. En 2016, il y a eu une revalorisation : elle était de 30 euros auparavant. Cette année, le gouvernement a souhaité fiscaliser cette indemnité », explique à France Info Didier Mangione, secrétaire régional de l’Unité SGP Police FO à Lyon. « Les agents sont déjà très sollicités depuis l’attentat à Charlie Hebdo et le plan vigipirate », ajoute le syndicaliste ».

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« Cela fait des semaines que l’on attend des réponses sur cette fiscalisation », assure Didier Mangione. « Si le gouvernement maintient cette décision de nous retirer cette reconnaissance de la nation envers les CRS, alors il y aura plus d’actions. » 

Conséquences sur les manifestations anti-loi travail

Ce mouvement de protestation intervient le même jour que l’appel à la grève lancé contre la réforme du code du travail. Mais les CRS ont tenu à prendre leurs distances : « On dissocie notre mobilisation des ordonnances, ça n’a rien à voir », assure les syndicats policiers cités par France Info. Mais cette mobilisation n’aura pas été sans conséquences.

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Selon RTL, avec plus de 2 000 arrêts-maladies déposés, cela équivaut à 50% des effectifs censés travailler. Des gendarmes mobiles ont ainsi dû être appelés pour remplacer les CRS dans les manifestations. À Marseille, le déplacement du président français Emmanuel Macron a également dû s’adapter : comme l’indique RTL, les motards censés encadrer le président de la République étant absents, il a fallu appeler les gendarmes pour les remplacer.

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