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BNP Paribas accusée de « complicité de crimes contre l’humanité » au Rwanda

BNP Paribas est la 1e banque française a être accusée de la sorte | © Belga / EPA/IAN LANGSDON

Société

Very bad buzz pour BNP Paribas : une information judiciaire a été ouverte à l’encontre de la banque française pour « complicité de génocide et complicité de crimes contre l’humanité ». Un collectif d’ONG accuse BNP Paribas d’avoir financé un achat d’armes pour la milice hutue lors du génocide rwandais. 

Selon les accusations portées par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), l’ONG Ibuka France ainsi que l’association anticorruption Sherpa, BNP Paribas aurait permis le « financement de l’achat de 80 tonnes d’armes » au profit des miliciens hutus en juin 1994, violant de ce fait un embargo qui avait été décrété par les Nations unies. Les ONG avaient déposé une plainte à ce sujet en juin dernier.

Vente stratégique

Les magistrats du pôle génocides et crimes de guerre du tribunal de grande instance de Paris se sont saisis de l’affaire et une information judiciaire a été ouverte. Les ONG accusent BNP d’avoir autorisé des transferts de fonds à hauteur de plus de 1.1 million d’euros entre le compte de la Banque nationale du Rwanda et celui du vendeur d’armes sud-africain Willem Tertius Ehlers. Une fois l’argent transféré, Willem Tertius Ehlers aurait alors conclu la vente de 80 tonnes d’armes avec Théoneste Bagosora, un militaire Hutu considéré comme un des stratèges du génocide des Tutsis.

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Selon les association, interrogées par RFI Afrique, « BNP ne pouvait pas ignorer les intentions des autorités rwandaises, pour qui elles ont autorisé le transfert d’argent. D’ailleurs à la même période, d’autres banques ont refusé de débloquer l’argent rwandais. C’est le cas par exemple du groupe belge Banque Bruxelles Lambert, cité dans la plainte. Le groupe explique que le milieu bancaire avait une parfaite connaissance des exactions en cours au Rwanda ». Il revient désormais à la justice de trancher.

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