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Les autorités font front contre la campagne de « sugardating »

Plusieurs communes bruxelloises ont interdit la publicité sur leur territoire. | © François Dubuison

Société

Bourgmestres et officiers de police font la traque à la publicité qui est apparue aux abords de l’ULB et fait l’apologie de la prostitution estudiantine.

 

La rentrée de l’Université libre de Bruxelles ne s’est pas exactement déroulée dans la joie et la bonne humeur : dès les premières heures de cours, un véhicule tractant une remorque publicitaire affichait : « Hey, les étudiantes ! Améliorez votre style de vie, sortez avec un sugar daddy ». La campagne de « RichMeetBeautiful » incite les jeunes étudiantes à rencontrer des hommes riches via un site de rencontre pour se faire financer leurs études. La nouvelle fait le tour de la presse et très vite de l’université, dont le vice-recteur a réagir le jour-même : « Il ne nous parait pas acceptable de laisser les choses en l’état et de ne pas réagir à une campagne comme celle-là, même s’il s’agit de personnes majeures (…) On est quand même clairement dans une incitation à une forme de prostitution, et je pense qu’il y a juridiquement moyen d’intervenir ».

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Et depuis lundi, les autorités bruxelloises sont également aux abois. À Watermael-Boitsfort, le bourgmestre Olivier Deleuze a annoncé lundi via sa page Facebook qu’il prendrait un arrêté d’interdiction à l’encontre de cette campagne. La porte-parole de Philippe Close fait savoir quant à elle que « La Ville de Bruxelles va interdire ces publicités, car le bourgmestre ne peut évidemment les tolérer (…) Aucune autorisation n’a été demandée afin de circuler avec un tel message autour des campus. C’est pourquoi nous allons ordonner à la police d’empêcher cette campagne ».

Mardi, la commune bruxelloise d’Ixelles a, à son tour, décidé d’interdire les affiches publicitaires du site de rencontres Rich meet Beautiful (RmB) incitant les étudiantes à se lier avec des hommes nantis en recherche de compagnie contre « avantages ». La campagne sera dès lors de facto proscrite des campus de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) situés sur le boulevard de la Plaine à Ixelles. « Cette campagne est absolument intolérable et je me devais d’intervenir. Il y a clairement ici une incitation à la débauche. Pas question de me faire la complice de cette démarche et d’encourager qui que ce soit à la prostitution estudiantine », a déclaré dans un communiqué mardi la bourgmestre d’Ixelles, Dominique Dufourny.

©BELGA PHOTO SISKA GREMMELPREZ – La publicité vise nommément les étudiantes, et ce afin « d’améliorer leur style de vie ». Dans les faits, ce sont surtout celles qui ont des difficultés à financer leurs études qui pourraient recourir à la plateforme.

Un arrêté de la bourgmestre est d’application dès aujourd’hui afin d’interdire le passage des véhicules publicitaires sur le territoire de la commune d’Ixelles. Aucune demande n’avait été introduite auprès de la commune pour pouvoir faire circuler ces camions promotionnels et donc, la police est déjà mobilisée pour intercepter les véhicules arborant la publicité en question et dresser des PV.

La publicité mobile interceptée

Le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close a félicité mardi soir via Twitter sa police pour avoir intercepté le camion publicitaire faisant la promotion du « sugardating ». La porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles a confirmé mercredi matin l’information en précisant que le camion avait été arrêté avenue de Madrid à Laeken. Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête pour incitation à la débauche d’une personne majeure dans un lieu public.

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a pris au matin un arrêté pour interdire la publicité controversée sur tout le territoire de la Région, afin de ne « pas laisser les bourgmestres seuls face à de tels actes intolérables » et pour éviter des incohérences entre les communes. La secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des chances, Bianca De Baets, a annoncé qu’elle comptait déposer plainte auprès du parquet, de la même manière que le syndicat étudiant Unecof.

L’opération publicitaire, qui vise spécifiquement les étudiantes de 18 à 26 ans, fait déjà l’objet d’une plainte devant le jury d’éthique publicitaire.

Avec Belga

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