Paris Match Belgique

Un clitoris de 2 mètres s’expose à Bruxelles pour sortir cet organe de l’ombre

2017, l'année du clito ? | © vzw Amazone asbl

Société

Une sculpture de plus de deux mètres de haut s’est imposée en plein cœur de Bruxelles depuis ce lundi 25 septembre. Créée par l’artiste belge Laurence Dufaÿ, ce « Clitoriz soufflé » dénonce le silence autour de cet organe du plaisir féminin.

Le clitoris sort doucement de sa cachette. Méconnu, mystérieux, parfois même inexistant pour certain(e)s, il commence petit à petit à se faire une place dans la société. En 2009, on connaît (enfin) sa véritable forme grâce aux échographies de la gynécologue Odile Buisson. Huit ans plus tard, peu avant la rentrée, un manuel scolaire français redessine l’appareil génital féminin, en incorporant et en représentant entièrement le clitoris et la vulve. Une grande première. En Belgique, le clitoris s’expose également au grand jour et prend de la place à Saint-Josse-Ten-Noode. Dans le cadre de l’exposition À corps perdu, ouverte depuis ce lundi 25 septembre, l’artiste Laurence Dufaÿ en a fait une sculpture, intitulée « Clitoriz soufflé », à base de mousse expansive et mesurant deux mètres et demi.

Lire aussi > 3 choses à apprendre du court-métrage d’animation « Le clitoris »

Cette matière lui donne un aspect spongieux, un peu dégoûtant mais choisi délibérément par l’artiste belge. « L’aspect ‘monstrueux’ de ma pièce évoque la peur du plaisir féminin », explique-t-elle sur le site de l’exposition organisée par Amazone. Contactée par le HuffPost, elle ajoute qu’« il vient se heurter au machisme de la médecine sexuelle qui l’a invisibilisé et à sa capacité à ébranler nos convictions sur la sexualité féminine ». Un aspect monstrueux qui n’a pas échappé aux visiteurs lors de sa première exposition, qui l’ont qualifié de ‘bête sauvage’ ou ‘d’animal préhistorique’. « Beaucoup pensaient que c’était un monstre, un personnage de BD. Sur les mille visiteurs, seuls cinq ont reconnu ce que c’était ».

À la hauteur de son oubli (et de son plaisir)

Cette méconnaissance est encore plus importante chez les jeunes filles. Un rapport de juin 2016 rapporte que, en France, une fille de 15 ans sur quatre ne sait pas qu’elle a un clitoris et 84% des filles de 13 ans ne savent pas comment représenter leur sexe. Lorsque cela concerne le sexe masculin, la tendance change radicalement : elles sont 53% à savoir le représenter. Pourtant, cette partie du corps féminin n’est pas là sans raison. Il est en effet la clé du plaisir féminin, parce que, oui, contrairement aux idées reçues, très peu de femmes atteignent le 7ème ciel avec une pénétration seule. Moins d’une femme sur cinq, précisément selon Le Monde.

Avec cette pièce géante, Laurence Dufaÿ rejette les tabous et souhaite dénoncer « l’excision intellectuelle » à propos de l’invisibilisation du clitoris dans la société. Avec d’autres artistes, elle participe au projet de Art’mazone, qui vise à soutenir les femmes, qui ne représentent que 10 à 20% des artistes exposés, en portant une attention particulière à leur position et leur représentation dans le milieu des arts.

CIM Internet