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La sologamie : l’art de mieux s’aimer en se mariant à soi-même adopté par Jeremstar, le bloggueur des stars

Plus que l'amour de soi, la sologamie implique l'union de soi... à soi. | © Flickr : Jean-Philippe CARTOUX

Société

Se demander sa propre main et se passer la bague au doigt ? L’idée paraît farfelue mais relève pourtant d’une démarche concrète où l’amour de soi prend le dessus sur l’amour de l’autre. Sologames, l’heure est à la célébration de votre célibat !

 (mise à jour par la rédaction en ligne)

Si le phénomène n’est pas neuf et touche le monde entier, la récente déclaration du célèbre bloggueur des stars, Jeremstar, qui a annoncé son « mariage à lui-même » samedi dernier chez Thierry Ardisson porte un éclairage

Au-delà du buzz recherché par Jeremstar sur les réseaux sociaux, la sologamie est loin d’être une mode à prendre à la légère ou comme une anecdote entre un tweet et une instastory.

Vive la mariée !

Vivre un conte de fée sans prince, c’est possible. C’est en tous cas ce qu’affirme Laura Mesi, une Italienne qui, pas plus tard qu’en septembre, s’est prise elle-même pour épouse. Son nom a fait les gros titres des journaux du monde entier. Cette coach sportive originaire de Lissone, près de Milan, a célébré son union avec elle-même entourée de sa famille et ses amis, rapportait ce mercredi 27 septembre la BBC. Si la pratique du mariage solo n’est pas nouvelle, Laura Mesi est la première femme de la Péninsule à se passer la bague au doigt. Quelques mois plus tôt, Nello Ruggiero était le premier Italien à se dire « oui » lors d’une cérémonie exclusive à Naples.

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Vêtue d’une somptueuse robe blanche et célébrée par ses 70 invités, l’heureuse mariée de 40 ans préparait l’événement depuis deux ans déjà. Interrogée par le quotidien italien La Repubblica, elle explique : « J’avais prévenu mes proches que si je ne parvenais pas à trouver l’âme sœur, je me marierais à moi-même pour mon 40e anniversaire ». Sans rejeter la possibilité qu’elle puisse un jour trouver l’amour, elle estime pouvoir « vivre un conte de fée, même sans prince charmant ».

Laura Mesi.  © Facebook : Micaela Martini
La bague de la mariée, Laura Mesi. © Facebook : Micaela Martini

L’amour en solitaire

Si le mariage solo ne possède aucune valeur légale, il est loin d’être un simple caprice puéril ou narcissique. Lancé il y a plus de vingt ans, le mouvement est récemment revenu sur le devant de la scène, notamment avec l’émergence des législations autorisant le mariage homosexuel, rapporte le site Slate. Sévèrement critiquées pour leur démarche jugée farfelue et insensée, ces personnes se promettent de « savourer une histoire d’amour » avec leur « merveilleuse personne ».

Je suis persuadée que chacun d’entre nous doit d’abord s’aimer soi-même.

« Vous n’avez plus de soucis à vous faire. Vous n’attendez plus l’élu(e) car vous êtes l’élu(e). Vous avez trouvé cette personne », racontait à Vice Sophie Tanner, la première femme du Royaume-Uni à s’être mariée avec elle-même. « Je n’ai jamais été le genre de fille ‘girly’ rêvant du Grand Jour. Mais alors que je me retrouvais face à moi-même après une rupture, je me suis demandée ce qui pouvait être plus romantique que de me prouver à moi-même et aux autres que je méritais ce fameux jour ultime », raconte-t-elle.

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Pour Laura Mesi, une telle démarche vise ainsi l’indépendance absolue. « Si demain je rencontre un homme avec qui je construis un avenir, j’en serais très heureuse mais mon bonheur ne dépendra pas de lui pour autant », explique-t-elle. Ne plus attendre « le Bon » ou « la Bonne », ne pas dépendre d’autrui et encore moins d’en faire son unique source de bonheur ; de plus en plus de personnes sont à la recherche de cet « amour en solitaire« .

Laura Mesi. © Facebook : Micaela Martini

Aimez-vous les uns les uns

« La sologamie est un mouvement pour les hommes et les femmes qui émerge partout à travers le monde », expliquait l’an dernier à la BBC Sophie Tanner, auteure d’un livre sur le « mariage solo » et qui milite pour que ce statut soit reconnu. Plus qu’un simple célibat, la sologamie implique le mariage (bien que symbolique) avec soi-même. Principalement pratiquée par des femmes, l’union de soi à soi existe depuis les années 90 et attire de plus en plus de personnes qui se suffisent à elles-mêmes. « Même si mon mariage n’est pas reconnu par le loi, c’est une cérémonie importante qui démontre un engagement envers l’auto-compassion », estime Sophie Tanner.

Moi, Nadine, promets d’apprécier ma propre vie et de savourer une histoire d’amour pour toujours avec ma merveilleuse personne.

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Aux États-Unis, le site I Married Me propose déjà des kits d’auto-mariage. « Tout ce qu’il vous faut pour organiser votre propre cérémonie, y compris une bague de mariage, des vœux, etc. », lit-on sur la page d’accueil du site. À Vancouver au Canada, l’agence Marry Yourself, qui existe depuis plus d’un an, estime que le succès des mariages en solo résulte notamment du nombre croissant de célibataires. Devenu « la nouvelle norme », le célibat semble vouloir se célébrer au même titre que le couple avec toutefois un léger changement de credo : « Aimez-vous les uns les uns ».

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