Paris Match Belgique

Près de la moitié des avortements réalisés dans des conditions dangereuses

Une manifestation pour le droit à l'avortement à Santiago, le 25 juillet 2017. | © AFP PHOTO / Martin BERNETTI

Société

L’OMS a étudié les conditions dans lesquelles les avortements sont réalisés à travers le monde, tant au niveau du personnel que des techniques utilisées.

Près de la moitié des avortements réalisés chaque année dans le monde (25,5 millions sur un total de 55,7) ne se déroule pas dans des conditions de sécurité optimales, selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’institut américain Guttmacher, publiée ce jeudi 28 septembre dans The Lancet. Les auteurs de l’étude ont examiné les conditions dans lesquelles les avortements sont réalisés à travers le monde, que ce soit au niveau du personnel, formé ou non, ou des techniques utilisées.

Lire aussi > Les Texanes devront désormais prendre une « assurance viol » pour couvrir leurs avortements

Ils ont utilisé une échelle de trois niveaux, classant les pratiques d’avortement comme « sûres », « moins sûres » et « les moins sûres ».

Près de 15% d’avortements jugés « les moins sûrs »

Quelque 55% (30,6 millions) des avortements pratiqués entre 2010 et 2014 dans le monde sont considérés comme sûrs, c’est-à-dire réalisés par un personnel formé et selon une méthode recommandée par l’OMS (administration de médicaments, aspiration…). Quelque 30,7% (17,1 millions) des avortements sont considérés comme « moins sûrs ». C’est le cas s’ils sont réalisés par un personnel formé mais avec une méthode datée (comme par exemple le curetage), ou à l’inverse avec des moyens sûrs (dont l’usage du misoprostol, un médicament largement utilisé) mais en l’absence de personnel compétent.

Lire aussi > Malte, paradis pour touristes et enfer pour l’avortement

Au bas de l’échelle, on trouve les avortements « les moins sûrs » (14,4%, soit 8 millions), car réalisés par des gens qui ne sont pas formés et utilisent des méthodes dangereuses et/ou invasives (ingestion de substances caustiques, insertion de corps étrangers, utilisation de breuvages traditionnels…).

Fractures géographiques

La proportion d’avortements « sûrs » est de 25% ou moins dans la plupart des régions d’Afrique et d’Amérique Latine. Dans les pays développés, en revanche, 87,5% des avortements sont considérés comme « sûrs ». L’exception notable est l’Europe de l’Est, où la proportion des avortements considérés comme pas suffisamment sûrs est plus élevée qu’en Europe de l’Ouest (14,2% contre 6,5%), « sans doute en raison de la persistance de pratiques médicales datées comme le curetage ».

– Avec Belga

CIM Internet