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Chienne de vie pour les animaux de compagnie, victimes silencieuses du mouvement anti-vaccination

Sad puppy

Les vétérinaires tirent la sonnette d'alarme | © Flickr @ Perdigao Boneless Turkey

Société

Entre théories du complot et preuves scientifiques, le débat sur la vaccination agite les passions. Alors que la France a pris la décision controversée de rendre certains vaccins obligatoires pour les enfants, les « anti » n’en démordent pas. Et non contents de refuser de se laisser piquer, ils appliquent également leurs convictions à leurs animaux de compagnie. Quitte à contribuer à la propagation d’épidémies. 

Amy Ford est vétérinaire à Brooklyn, bastion branché par excellence, et parmi les fers de lance du mouvement anti-vaccination. Inconcevable en effet de manger organique, recycler ses déchets, et choisir de s’injecter des produits chimiques. Les opposants aux vaccins en sont convaincus : non seulement ceux-ci contiennent des substances hautement toxiques, mais en plus, ils pourraient causer l’autisme. De quoi motiver certains parents à refuser la vaccination de leurs enfants. Et tant qu’à faire, à s’opposer également à ce que leurs compagnons à quatre pattes reçoivent leurs vaccins. Une véritable aberration pour Amy Ford. « Au cabinet, on voit de plus en plus de personnes qui ne veulent pas qu’on vaccine leurs animaux. Clairement, le mouvement anti-vaccination fait des émules et ne s’applique plus seulement aux humains » a-t-elle confié au Brooklyn Paper. Et tant pis, s’il est absolument infondé de craindre que les vaccins ne rendent un chien autiste.

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« Parmi les arguments, on retrouve beaucoup de gens qui nous disent que les vaccins peuvent rendre les enfants autistes, et qu’ils ne veulent pas que cela arrive à leur chien. Ce qui est complètement fou, parce qu’il n’y a jamais eu de chiens diagnostiqués comme étant autistes, et je ne pense même pas que ce soit possible« . Ce qui est tout à fait possible, par contre, c’est que la décision de certains maîtres de ne plus faire vacciner leurs animaux puisse contribuer à la résurgence de maladies oubliées. C’est déjà le cas chez les humains, avec des maladies telles que la rougeole ou la coqueluche qui reviennent en force. Chez les chiens, c’est évidemment le spectre de la rage qui rôde à l’horizon de la non-vaccination.

Protéger les animaux et leurs maîtres

Ainsi que le rappelle Assur’o Poil, une compagnie d’assurance spécialisée dans les animaux de compagnie, « certains traitements sont obligatoires, notamment pour la prévention des pathologies les plus dangereuses non seulement pour l’animal, mais aussi son maître, comme la rage ou l’hépatite par exemple. À part les vaccins obligatoires, il est aussi important de protéger votre compagnon à quatre pattes contre d’autres infections virales spécifiques aux chiens. Cela le mettra à l’abri des gastro-entérites virales, de certaines maladies respiratoires et plus encore« . Et la vétérinaire Stephanie Liff de souligner que « si il y a certaines similarités entre la manière dont on traite les humains et les animaux, les vaccins par exemple, il existe des différences majeures dans la manière dont ils attrappent les maladies. Les chiens mangent des déchets, voire même des excréments, ce qui les rend beaucoup plus susceptibles à l’infection et aux maladies que des humains. Très honnêtement, je vois bien plus de maladies qui peuvent être évitées grâce aux vaccins que de raisons de ne pas se faire vacciner« .

 

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