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Mongolie : Pour avoir une place en maternelle, les enfants sont tirés au sort

"On a dû s'habituer à travailler avec plus de 60 enfants par classe ». | © AFP PHOTO / BYAMBASUREN BYAMBA-OCHIR

Société

Le gouvernement mongolien n’a pas anticipé le baby-boom de l’année du cochon d’or, une année propice aux naissances chez les parents superstitieux. Résultat : les places en maternelle sont limitées.

« Qui gagnera de l’argent sans lever le petit doigt ». Voici ce que prédit l’adage à tous ceux nés au cours de l’année du cochon, sous le signe de l’or, qui ne tombe que tous les 60 ans. Pour les parents superstitieux, c’est dont la période idéale pour faire des enfants. Quelques années plus tard, ils le paient très cher. Ce baby-boom fait aujourd’hui déborder les maternelles en Mongolie. À tel point que des parents doivent remporter un tirage au sort pour pouvoir scolariser leurs enfants dans le public, rapporte l’AFP. Autre solution : s’en remettre à de coûteuses écoles privées, s’ils en ont les moyens.

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À Oulan Bator, la capitale, les places sont attribuées au hasard, grâce à un système de loterie en ligne. Pour le plus grand malheur des perdants. « On pensait gagner au tirage au sort et on s’apprêtait à acheter les fournitures scolaires à mon fils », témoigne Sukhbaatariin Boldbaatar, un jeune papa de 27 ans à l’AFP. « Mais on a reçu un texto nous disant qu’il n’était pas pris. Sur le moment, je me suis demandé comment l’avenir d’un enfant de 2 ans pouvait être déterminé juste par le hasard ».

Sur les 22 000 participants, seuls 12 600 bambins ont finalement été sélectionnés. Les perdants doivent être scolarisés dans des écoles privées, trop coûteuses pour les familles modestes qui décident de garder leurs enfants à la maison, l’école maternelle n’étant pas obligatoire en Mongolie.

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Professeurs en grève

Selon les experts, ce problème s’explique par un manque de planification sur le long terme. Très peu d’écoles publiques ont été construites après la transition de l’ère communiste à démocratique de 1990. Résultat : les salles de classe sont aujourd’hui pleines à craquer, les enseignants surmenés et les ressources utilisées à leur maximum. Les professeurs, lassés de ces conditions extrêmes, étaient d’ailleurs en grève les 21 et 26 septembre.

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AFP PHOTO / BYAMBASUREN BYAMBA-OCHIR

« On a dû s’habituer à travailler avec plus de 60 enfants par classe », raconte à l’AFP Tsergiin Bayalag, enseignant à la maternelle numéro 122 d’Oulan Bator. L’établissement compte actuellement quelque 660 élèves, soit le double de sa capacité théorique. « La charge de travail supplémentaire n’affecte pas que les professeurs. Les cuisiniers aussi doivent préparer deux fois plus de repas. Je veux que le gouvernement verse un salaire décent aux enseignants ».

Autre conséquence : la promiscuité dans les classes favorise également la diffusion de microbes et de la grippe et les hôpitaux ont du mal à gérer l’afflux constant de tout jeunes patients.

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« Des mesures insuffisantes »

Pour Batkhuyagiin Batjargal, directeur exécutif de l’association Alliance mongole pour l’éducation, la crise est surtout le résultat de la politique gouvernementale. « Il y a eu suffisamment de signes avant-coureurs, mais les mesures prises ont été insuffisantes », souligne-t-il. Si de nouvelles écoles sont en construction dans les quartiers déshérités de la capitale, la Mongolie est percluse de dettes, ce qui limite fortement les dépenses publiques.

Les écoles primaires, elles, ne font pas l’objet d’un tirage au sort car la Constitution du pays garantit l’éducation gratuite pour tous les enfants à partir de l’âge de 6 ans. Mais elles sont tout aussi bondées que les maternelles. « Parfois, avec les enfants, on s’installe dans les couloirs », explique Lkhagvasurengiin Oyunchimeg, professeur d’une classe de 44 élèves. « Mais ce n’est pas un endroit adapté pour étudier et ils sont facilement distraits ».

Baby-boom en séries

Le taux de natalité a explosé en dix ans en Mongolie. Selon les statistiques gouvernementales, il est passé de 18,4 naissances pour 1 000 habitants en 2006 à 25,4 pour 1 000 en 2016, soit plus de deux fois supérieur à celui de la France. Ce bond s’explique en partie par le fait que la génération née lors d’un précédent baby boom dans les années 80 est désormais en âge de procréer.

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