La déclaration de résistance du créateur de House of Cards contre Trump

La déclaration de résistance du créateur de House of Cards contre Trump

Frank Underwood (Kevin Spacey) dans House of Cards n'est lui-même pas un exemple de présidence sans accros. | © House of Cards

Société

Beau Willimon, le créateur et l’ancien showrunner de la série House of Cards, s’est enflammé sur Twitter dans un long « discours » contre Trump. Il y a notamment repris le texte de la Constitution américaine.

En matière de présidents américains, Beau Willimon s’y connait : il en a créé un. Acerbe, ambitieux, manipulateur et redoutablement intelligent, Frank Underwood, joué par l’acteur Kevin Spacey, n’a de chance de s’asseoir dans le bureau ovale qu’à l’écran, à l’heure de House of Cards. D’ailleurs, si le personnage – dans la série, le 46ème président des États-Unis et donc le successeur fictif de Donald Trump – est savoureux, on peut douter que Willimon ait jamais souhaité voir accéder ce genre d’homme à la présidence. Et pourtant, l’actuel leader du pays semble tout surpasser, pour le showrunner.

C’est sur Twitter qu’il a décidé d’exprimer son désarroi, ce vendredi. Il y a publié une série de 25 tweets formant sa « déclaration de résistance » contre Donald Trump. Sur le modèle de la sacro-sainte déclaration d’indépendance, Willimon y accuse le président de mener une politique blessante et d’« usurpations, dans le but d’établir une tyrannie absolue à travers les états ».

Le créateur de House of Cards l’exprime très clairement : Donald Trump devrait être destitué. « Quand au cours de l’histoire américaine il devient nécessaire pour le peuple de sauver notre nation d’un Tyran, de sauvegarder l’égalité pour tous et le droit inaliénable à la Vie, la Liberté et la Poursuite du Bonheur contre la bigoterie et la corruption, de s’assurer que notre Gouvernement continue à tirer son pouvoir du consentement des gouvernés plutôt que par l’autocratie (…), c’est le Droit du Peuple de demander à son Congrès : la destitution immédiate du Président pour les crimes commis, ou un retrait du bureau grâce au 25ème Amendement de la Constitution », débute Willimon, citant le texte officiel.

©BELGA – Beau Willimon lors d’une conférence de presse liée à sa série, House of Cards.

« J’accuse ! »

Pour asseoir sa demande, il lance alors une série d’arguments : premièrement, Donald Trump a fait « obstruction aux lois de naturalisation des immigrants, et a illégalement banni des réfugiés dans le besoin d’un port sauf » – en référence au récent décret du président démocratiquement élu contre les sans-papiers. Il déroule ensuite sa longue liste d’accusations : violation des ordres de la cour fédérale, renvoi d’une juge opposée à la décision de Trump et embauche d’« idéologues amateurs », mise en danger de la séparation entre l’état et l’église, conflit d’intérêt, mensonges, violation de la liberté de la presse… et finit par signer « La Résistance », au nom des nombreux américains qui défilent et s’oppose à Trump depuis son élection.

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Si Donald Trump n’a pas (encore) répondu à Beau Willimon, de nombreux autres twittos ont réagis, tantôt méchamment enflammés contre le « papa » de House of Cards, tantôt respectueux et admiratifs de ce pamphlet virtuel. De tous ces tweets, Beau Willimon n’en a gardé le meilleur, comme le montre l’une de ses dernières réactions : « Vous tous résistant m’inspirez. Je vais me coucher chaque nuit plein d’espoir, et je me réveille chaque jour plein d’énergie, uni avec vous ici et sur le terrain. Merci ».

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