5 choses que vous ignoriez (peut-être) sur la Catalogne

5 choses que vous ignoriez (peut-être) sur la Catalogne

La Catalogne est située dans le nord de l'Espagne. | © Alexandre Minguez Martinez/Wostok Press/Maxppp

Société

Comme d’autres terres indépendantistes, la Catalogne lutte pour maintenir ses spécificités et ses traditions régionales – parfois particulièrement cocasses.

Catalogne, Catalunya – on n’a plus que ce mot presque exotique à la bouche, et ce pour des raisons bien peu chaleureuses : un référendum indépendantiste réprimé violemment par les forces de l’ordre d’un gouvernement qui se voulait « unificateur ». Pourtant, de cette région du nord de l’Espagne, on ne connait souvent qu’une capitale du city-trip et un club de football plutôt pas trop mal classé. De quoi occulter les spécificités politiques – mais pas seulement – d’une communauté historique, libre et contrainte, moderne et folklorique.

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La Catalogne a (déjà) été un État indépendant

C’est presque toujours ainsi que naissent les pays, en patchwork de plusieurs petites entités. La Catalogne n’échappe pas à la règle et devient progressivement un État à la fin du Moyen âge. Mais petit à petit, la région est absorbée par le royaume d’Espagne, tout en conservant ses « privilèges institutionnels ». En 1931, elle est même proclamée « République catalane confédérée à l’Espagne », suite à la victoire des partis catalanistes de gauche – ce qui n’est pas sans rappeler la situation de la Catalogne d’aujourd’hui, unie sous un gouvernement de centre-gauche particulièrement entreprenant.

©PHOTOPQR/L’INDEPENDANT MICHEL CLEMENTZ – Le drapeau pour l’auto-détermination de la Catalogne.

L’autonomie de la Catalogne est proclamée en 1932, puis suspendue en 1939, alors que la région est soumise aux troupes de Franco. Le catalan est alors interdit et les livres dans la langue brûlés, tandis que les auteurs sont poursuivis et forcés de s’exiler.

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Ce n’est qu’après la dictature franquiste, à la fin des années 70, qu’elle retrouvera son statut. Mais la crise qui frappe tout le pays dès les années 2000 coupe les ailes de la Catalogne, qui se voit retirer certaines dispositions d’autonomie par le Tribunal constitutionnel espagnol. Ces mêmes années voient, forcément, se réveiller des tensions sociales et avec le gouvernement, alimentées par les tiraillements indépendantistes. La Catalogne n’a ainsi jamais cessé de vouloir être une « terre à part ».

La Catalogne est bien une « nation »

Depuis 2006, la région est définie comme « réalité nationale ». En réalité, dans le texte qui promulgue cette réalité, on parle même de « nation ». Elle exprime donc l’idée d’un peuple, mais aussi d’un État souhaité autonome. Néanmoins, juridiquement, ce terme n’a aucun poids.

Le football, presque aussi important que la politique

En Catalogne, on a le football dans le sang, mais bien dans la tête aussi : le ballon est résolument politique. L’élection du président du Barça, par exemple, donne lieu à une effervescence aussi importante que pour les élections au sein de la ville. On y bat la campagne, comme pour les élections municipales.

©PHOTOPQR/L’INDEPENDANT/MICHEL CLEMENTZ – Le footballeur catalan Gerard Piqué.

Mais beaucoup en sont venus aux gradins pour le symbole politique et social que représente le sport, avant même par amour pour le sport : le FC Barcelona est particulièrement engagé dans la protection et la promotion de la culture catalane, dont la langue est utilisée dans tous les documents officiels du club. À l’annonce du référendum, Gerard Piqué a notamment fait savoir sur Twitter : « nous voterons ».

Les Catalans adorent se monter dessus

En Catalogne, on aime les châteaux : pas ceux de sable ni forcément de pierres ; non, les empilades humaines. Les « castells » font partie intégrante de la culture catalane. Ils consistent en la construction de tours humaines qui font s’opposer plusieurs équipes en concurrence pour créer les colonnes les plus hautes. Quitte à s’effondrer ensuite comme des châteaux de cartes.

©Flickr/Fredo

Caganer Vs. Manneken Pis

À Noël, dans les foyers catalans, on ne brûle pas les bûches, mais on en fait des « Tió de Nadal », une figure populaire faite de bois et au visage rond. Les cadeaux pour les enfants sont ensuite disposés près de son arrière-train, de manière à donner l’impression qu’il les « chie » (littéralement, en catalan).

©Flickr/Oriol Gascón i Cabestany

Les crèches chrétiennes, elles, comportent généralement un petit « Caganer » : une figurine représentée en train déféquer. Aussi étrange que cela puisse paraitre, le Caganer symbolise ainsi l’égalité, qui assure que dieu accompagne les Catalans à tout instant de la journée. Manneken Pis peut aller se cacher.

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