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Tueur millionnaire, « scène de guerre » : ce que l’on sait de la fusillade de Las Vegas

Las Vegas

Le tueur a transformé un festival en scène de guerre | © Belga / AFP PHOTO / Mark RALSTON

Société

Alors que Las Vegas compte ses morts et que Donald Trump a qualifié la tuerie « d’acte de mal à l’état pur », voici ce que l’on sait à l’heure actuelle sur la fusillade la plus meurtrière de l’histoire moderne du pays. 

Les faits : « une scène de guerre »

Quelque 22.000 personnes étaient rassemblées pour un concert à ciel ouvert de Jason Aldean, dans le cadre d’un festival de musique country, quand des tirs d’arme automatique ont éclaté vers 22h08, heure locale (05H08 GMT). Le tireur a fait feu depuis sa chambre d’hôtel au 32e étage du Mandalay Bay, un établissement qui surplombe l’esplanade où le concert avait lieu. Il était seul et surarmé, selon la police. Plus de dix fusils ont été retrouvés dans sa chambre.  Robert Hayes, un pompier de Los Angeles qui assistait au concert, a décrit sur Fox News une « scène de guerre ». La densité de la foule offrait selon lui une cible facile. « C’était comme abattre une vache dans un couloir ».

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Le tireur : Stephen Craig Paddock

Le tireur a été identifié comme étant Stephen Craig Paddock, un homme blanc de 64 ans. Il a été retrouvé mort par les unités d’intervention spéciales (SWAT) dans sa chambre d’hôtel. Il habitait la ville de Mesquite, 18.000 habitants, située à quelque 120 kilomètres de Las Vegas, dans le Nevada. Ce retraité, un ancien comptable, n’était pas connu des services de police et n’avait pas de casier judiciaire. Selon son frère, Eric Paddock qui s’est exprimé sur plusieurs médias locaux, Stephen Paddock aimait « jouer dans les casinos » et n’avait pas de « convictions religieuses » connues. Multi-millionnaire, Stephen Paddock dépensait régulièrement des dizaines de milliers de dollars au casino.

Un bilan provisoire de 58 morts et 515 blessés

Au moins 58 personnes ont été tuées et 515 ont été transportées à l’hôpital, selon le dernier bilan de la police de Las Vegas. Les autorités ont lancé un appel aux dons de sang. Cette fusillade à Las Vegas est déjà la plus meurtrière dans l’histoire moderne aux Etats-Unis. Même si le bilan n’est pas encore définitif, il dépasse déjà celui de la fusillade dans une discothèque d’Orlando, en juin 2016, qui avait fait 49 morts.

Stephen Craig Paddock (à droite), en compagnie de son frère Eric. DR

La revendication de l’Etat islamique

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué la fusillade affirmant que Stephen Paddock, alias « Abou Abdelberr l’Américain » selon l’EI, était un « soldat du califat » qui s’était « converti à l’islam il y a quelques mois ». « Un soldat du califat (Abou Abdelberr l’Américain) –que Dieu l’accepte– muni d’armes automatiques et de munitions diverses a, depuis un hôtel donnant sur un concert de musique, ouvert le feu sur un de ces rassemblements, faisant 600 morts et blessés, jusqu’à l’épuisement de ses munitions, avant de tomber en martyr », indique l’EI dans un communiqué. Le FBI a cependant déclaré n’avoir établi « aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international ».

Le monde sous le choc

Le président américain Donald Trump a dénoncé lundi un acte relevant du « mal absolu », sans mentionner la revendication du groupe Etat islamique. Il a observé une minute de silence et indiqué qu’il se rendrait à Las Vegas mercredi. La Maison Blanche a jugé que le débat sur les armes était « prématuré ». « Il y a une enquête en cours. Les motivations du tireur restent à déterminer. Il serait prématuré de parler de politique quand nous ne connaissons pas tous les faits », a déclaré Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la Maison Blanche. Le pape Francois a quant à lui déclaré qu’il était « profondément attristé » par la « tragédie dénuée de sens ». Le président français Emmanuel Macron a fait part de son émotion, estimant que les victimes étaient mortes de la « violence contemporaine ». Le président russe Vladimir Poutine a lui adressé ses condoléances à Donald Trump dans un télégramme, qualifiant l’attaque de « crime » qui « choque par sa cruauté ».

 

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