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L’Église anglicane ne bénit pas le mariage gay et sonne les cloches de sa branche écossaise

Mariage gay

Shocking ! | © Belga / EPA/MAURIZIO BRAMBATTI

Société

L’Église anglicane a sanctionné mardi sa branche écossaise, l’Église épiscopale d’Écosse, pour avoir reconnu le mariage entre personnes de même sexe et célébré ce sacrement dans ses églises. Et ce alors même que l’archevêque de Canterbury avait affirmé en 2014 que « l’Église d’Angleterre ne s’opposera plus au mariage gay chez ses fidèles »

Angleterre, an de grâce 1531. Marié à Catherine d’Aragon, Henri VIII souhaite briser son union pour épouser la troublante Anne Boleyn. Un divorce inconcevable au lieu de l’Église et du pape, qui refuse d’annuler le premier mariage du roi. Après tout, le sacrement du mariage ne stipule-t-il pas que ses liens joignent les époux dans la matrimonie jusqu’à ce que la mort les sépare ? Seulement voilà, le coeur a ses raisons que la raison ignore, et plutôt que de se ranger à l’avis du pape Clément VII, Henri VIII choisit de déclarer l’indépendance de l’Église anglicane. Une impétuosité qui s’est progressivement étiolée, jusqu’à ce que l’Église anglicane devienne aussi pieuse et sage que ses cousines catholiques. Voire même, rétrograde ?

Union entre un homme et une femme

Alors que la branche écossaise de l’Église a accepté de célébrer le sacrement du mariage de personnes de même sexe, l’Église anglicane vient de la rappeler à l’ordre. L’Église épiscopale d’Écosse avait voté en juin pour retirer de sa doctrine la phrase stipulant que le mariage est une union « entre un homme et une femme ». Depuis, plusieurs mariages homosexuels ont eu lieu dans des églises à Edimbourg ou Glasgow et dans la province de Morray, dans le nord de l’Écosse. L’archevêque de Canterbury Justin Welby a confirmé, lors d’une réunion des dirigeants anglicans à Canterbury que les évêques anglicans ont appliqué à la branche écossaise les mêmes sanctions que celles infligées l’an dernier à l’Église épiscopale américaine.

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Et ce alors même qu’il avait soutenu en 2014 au quotidien The Guardian que « l’Église d’Angleterre ne s’opposera plus au mariage homosexuel chez ses fidèles ». Pour avoir reconnu les mariages homosexuels en 2015, la branche américaine s’était vue empêchée de représenter l’Église anglicane dans les assemblées oecuméniques ou interconfessionnelles pour trois ans. Sa participation au processus de décision sur toutes les questions ayant trait à la doctrine ou au fonctionnement de l’Église anglicane avait également été suspendue.

Nouvelle position

Mark Strange, le primat de l’Église épiscopale d’Écosse, avait anticipé ces sanctions, bien qu’une clause de conscience ait été intégrée à sa doctrine pour permettre aux prêtres en désaccord de ne pas marier des personnes de même sexe. Dans la foulée des sanctions, il a annoncé qu’il chercherait à « reconstruire la relation » entre l’Église anglicane et sa branche écossaise. « Mais cela sera fait à partir de la nouvelle position que nous avons prise », a-t-il prévenu. La question de la reconnaissance des unions ou de l’ordination de personnes homosexuelles déchire depuis des années cette Église de quelque 85 millions de fidèles, opposant des branches plus libérales, aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, aux conservateurs majoritaires au Kenya ou au Nigeria par exemple.

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