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L’ère des slasheurs ou quand le CDI n’est plus le Saint Graal de l’emploi

Image d'illustration | © Flickr/Song Zhen

Société

Près de neuf travailleurs sur dix se disent prêts à poursuivre leur carrière dans un emploi dit de « nouvelle génération », loin des critères qui faisaient un « bonne place » auparavant.

 

On les appelle « slasheurs » et ils sont de plus en plus nombreux à peupler le marché du travail. Ce qu’ils font ? Un peu de tout : ces travailleurs d’un genre nouveau ne s’imposent pas la contrainte de s’enchainer à une seule et unique activité et diversifient leurs projets comme leurs compétences. En marge du « métro, boulot, dodo », ils sont accompagnés par ce qu’on appelle la « nouvelle génération » de l’emploi : des intérimaires, des indépendants et des travailleurs à temps partiels qui jonglent avec plusieurs vies à la fois.

Et si un temps, leur situation semblait n’avoir rien d’enviable en comparaison avec le Saint-CDI, longtemps recherché, aujourd’hui près de neuf travailleurs sur dix (87%) se disent prêts à considérer ces formes d’emploi « nouvelle génération ». Ceux-ci sont peut-être influencés par les quelques 90% des travailleurs qui y ont recours et qui en sont d’ailleurs satisfaits, révèle une étide de Manpower auprès de 9 500 travailleurs dans douze pays (dont la Belgique ne fait pas partie).

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« À l’ère de l’économie digitale, les entreprises ont modifié leurs modes de production et de gestion sous la poussée des besoins des consommateurs, de la globalisation et des innovations technologiques. Les ressources humaines ont suivi cette tendance et on observe une multiplication des contrats de travail et des manières d’exercer son activité professionnelle », souligne l’entreprise spécialisée en ressources humaines.

©Flickr/Sean McGrath

Les « millennials » d’abord

Les nouvelles formes de travail flexibles ont des adeptes dans toutes les générations, mais sont davantage populaires dans les pays où l’on recense une plus grande proportion de « millennials » (18-24 ans) et où la législation sur le marché du travail est moins rigide, relève Manpower. Ce qui séduit particulièrement les candidats, c’est la possibilité d’obtenir des revenus supplémentaires (38%), le développement des compétences et de l’employabilité (33%) et la liberté offerte au niveau personnel (32%).

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En Belgique, « le contrat à durée indéterminée reste bien entendu encore la référence sur le marché de travail. Travailler sous ce statut reste l’objectif d’une très grande majorité des demandeurs d’emploi en raison de la stabilité et des avantages qu’il procure », explique Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup BeLux. Toutefois, le nombre d’intérimaires s’est accru de 16% au cours des cinq dernières années, à 652 000 travailleurs l’an dernier et le nombre de travailleurs indépendants atteignait plus d’un million fin 2016.

Avec Belga

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