Après Las Vegas, le lobby des armes est prêt à faire une (petite) concession

Après Las Vegas, le lobby des armes est prêt à faire une (petite) concession

Des semi-automatiques vendus à Las Vegas. | © AFP PHOTO / Robyn Beck

Société

Une petite lueur d’espoir dans le débat sur les ventes d’armes à feu aux États-Unis ? Après la fusillade de Las Vegas, une partie des républicains, et même la National Rifle Association, se sont dits prêts à discuter d’une interdiction certains mécanismes. 

Une première aux États-Unis. Soutenus par le puissant lobby des armes à feu NRA, la Maison Blanche et des élus républicains se sont dits prêts à discuter d’une interdiction des mécanismes transformant les fusils semi-automatiques en fusils automatiques. C’est ce dispositif qui a permis à Stephen Paddock, le tueur de Las Vegas, de multiplier le nombre de victimes.

Une prise de position surprenante pour ces fervents défenseurs des armes. Après des décennies de résistance, le Grand Old Party pourrait ainsi faire un petit pas en direction des démocrates, même si cela resterait largement symbolique et qu’une réforme en profondeur est encore loin, souligne l’AFP.

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Fait rare

La Maison Blanche se dit « ouverte » à un débat sur le sujet, soutenue par la National Rifle Association (NRA), la plus grande organisation du lobby des armes à feu, qui estime également que ces mécanismes devraient être soumis à « davantage de contrôle« .

Du côté des démocrates, la prise de position est la même depuis longtemps : « Monsieur et Madame Amérique, l’heure est venue de se dresser. Vous devez dire ‘Trop c’est trop’« , a lancé la sénatrice démocrate Dianne Feinstein. David Cicilline a quant à lui introduit à la Chambre un projet de lui qui bannirait le système utilisé par le tireur. « Personne ne devrait posséder un dispositif qui transforme un fusil semi-automatique en l’équivalent d’une mitrailleuse« .

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Des discussions « concrètes »

À chaque fusillade aux États-Unis, le pays suit les mêmes étapes : après la réaction horrifiée vient celle de l’unité dans la peine, puis l’indignation qui laisse place à la division politique, et enfin… l’inaction. Le cycle infernal aurait-il été perturbé cette fois-ci ? Certains élus républicains se disent en tout cas ouverts à la discussion.

AFP PHOTO / Robyn Beck

« Bump Stock »

Mme Feinstein, une élue au long cours et poids lourd du parti démocrate, a lancé son énième appel avec l’espoir de faire bouger les lignes grâce à une mesure ciblant le dispositif nommé « bump stock », une crosse amovible qui utilise l’énergie du recul de l’arme pour imprimer un mouvement de va-et-vient extrêmement rapide au fusil, dont les projectiles se rechargent au même rythme, explique l’AFP. Douze des fusils retrouvés à Las Vegas dans la suite hôtelière de Stephen Paddock étaient équipés d’un tel système.

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Une analyse de certaines rafales qu’il a tirées depuis le 32e étage de l’hôtel Mandalay Bay a établi une cadence de 90 coups sur 10 secondes. Cela lui a permis de faucher des centaines de spectateurs d’un concert de musique country, faisant 59 morts.

Près 3 milliards de dollars par an

Quelques jours après cet événement meurtrier, une étude révèle que les prises en charge hospitalières liées aux armes à feu aux États-Unis coûtent 2,8 milliards de dollars par an, rapporte Mashable. Une perte économique considérable pour le système de santé américain ou directement pour les patients sans couverture médicale adéquate.

Les auteurs de l’étude ont également constaté qu’entre 2006 et 2014, 25,3 personnes sur 100 000 se présentent à l’hôpital pour des blessures par balles aux États-Unis. Au total, sur cette période de huit ans, 25 milliards de dollars ont été dépensés pour la prise en charge de victimes de ces violences. Une régulation plus forte de la vente des armes à feu permettrait aux États-Unis de faire de belles économies.

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