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La peste, la mort noire qui fait trembler Madagascar

Les autorités luttent contre la propagation de l'épidémie | © Belga / AFP PHOTO / RIJASOLO

Société

Alors que la peste a été éradiquée en Europe, à Madagascar, elle revient tous les ans depuis 1980. Et cette année, l’épidémie s’annonce particulièrement dangereuse. 

258 cas depuis le mois d’août, dont 36 sont décédés. Cette année, la peste à Madagascar est sans pitié. D’ordinaire confinée aux campagnes pauvres et reculées, elle s’est invitée dans les villes, faisant 10 morts dans la capitale, Antananarivo. En cause, l’intensification de la déforestation et les feux de broussaille. Car la maladie se propage par voie aérienne, tueuse silencieuse qui se transmet du rat à l’homme par les puces et peut foudroyer sa victime en 24h seulement. Alors sur l’île, la résistance s’organise.

La riposte s’organise

Depuis la résurgence de la peste à la fin août, l’Organisation mondiale de la santé organise la riposte avec les autorités locales. Et face à la virulence de l’épidémie, l’OMS s’est déployée sur tout le territoire du pays et a sorti l’arsenal: 1.2 million de doses d’antibiotiques, avec 244 000 doses supplémentaires prévues dans les prochains jours. De quoi soigner 5 000 personnes infectées, et prévenir 100 000 cas de peste.

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La course contre la montre est lancée. Car cette année, c’est l’incarnation la plus foudroyante de la maladie, la peste pulmonaire, qui est la plus présente sur l’île, et non l’infection par piqûres de puces. Cette année, la peste pulmonaire représente 60% des cas observés, transmise de personne à personne par la toux. La déforestation et les feux de brousse ont favorisé la propagation de la peste des campagnes vers les villes, où l’absence de collecte de déchets alimente la propagation des rongeurs infectés.

Situation préoccupante

Lors d’un point presse au siège de l’OMS, un des porte-paroles de l’organisation a confié que celle-ci était « préoccupée par le fait que la peste se répande car elle est déjà présente dans plusieurs villes et c’est seulement le début de la saison épidémique ». Sans compter que d’ici à quelques semaines, l’arrivée de la saison des pluies va compliquer l’accès des médecins et des traitements à certaines parties de l’île.

 

 

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