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Comment un test de géographie révèle un message fort sur l’éducation

"Jetez un coup d'oeil à la carte. Reconnaissez-vous ce pays ?" | © Capture d'écran ONE

Société

Devenu viral sur les réseaux sociaux, un quiz vous permet de tester vos connaissances en géographie africaine, mais ce n’est pas son but premier.

« Très peu de personnes réussissent à identifier ces 9 pays africains sur une carte. Y arriverez-vous ? » Un challenge proposé par ONE auquel de nombreux internautes ont répondu ces derniers jours. Une fois le test de géographie lancé, trois pays sont ensuite proposés pour reconnaître celui coloré sur la carte. Un quiz rien de plus classique qui peut révéler la méconnaissance du continent africain mais pas que.

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Avant de recevoir les résultats, l’ONG de campagne qui lutte contre l’extrême pauvreté en Afrique interpelle les internautes. Ces neuf pays sélectionnés pour le test représentent en effet les pays où « il est le plus difficile pour une fille d’avoir accès à l’éducation ». L’organisation cofondée par Bono explique que dans ces régions, les femmes ont passé en moyenne, moins de deux ans de leur vie à l’école. Après ces quelques informations, elle invite également les internautes à signer leur pétition pour permettre à chaque fille de profiter de l’éducation, un droit fondamental. Une manière originale et ludique d’attirer l’attention sur une problématique importante en Afrique.

Capture d’écran ONE

Les pires élèves

Un autre pays, non-africain, complète le classement des 10 pays au monde où les filles ont le moins accès à l’éducation. En Afghanistan, 71 filles étaient scolarisées dans le primaire pour 100 garçons en 2014, la plus forte différence filles-garçons du monde. Il arrive en quatrième position, derrière le Soudan du Sud, la République Centrafricaine et le Niger qui forment le top 3 des pires élèves.

Tous sont des États fragiles en situation de crise ou de conflit. Le premier du classement, le Soudan du Sud, en est la preuve  : seulement une fille sur 4 va à l’école primaire et 2,6% du budget national est consacré à l’éducation. Suivi par la République Centrafricaine, qui ne compte qu’un enseignant pour 80 élèves, contre 1 pour 12 aux Pays-Bas et 1 pour 5 aux États-Unis. En septième position, on retrouve la Guinée, où les femmes de 25 ans et plus ont été à l’école en moyenne pendant moins d’un an. Juste devant le Burkina Faso, en huitième position, où seul 1% des filles ont terminé leurs études secondaires.

 

ONE

Au total, dans le monde, 130 millions de filles n’ont pas accès à l’éducation. En cause ? Les filles se heurtent à de nombreux obstacles sociaux, culturels et économiques. ONE souligne dans son communiqué que dans ces 10 pays, « plus de la moitié des filles se marient avant leur 18ème anniversaire, et en moyenne, une fille sur quatre est obligée de travailler. Pour se rendre à l’école, parfois sans sanitaires ou manuels scolaires adaptés, elles doivent généralement parcourir de longues distances, souvent dans des conditions dangereuses ». Autant de raisons qui explique également pourquoi près d’un demi-milliard de femmes dans le monde ne savent toujours pas lire en 2017.

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En plus de ce test ludique disponible ici, l’organisation a également lancé une autre campagne de sensibilisation pour l’accès des filles à l’éducation. #GirlsCount demande de compter ces 130 millions de filles, une à une. Pour cela, il suffit de choisir l’un des chiffres encore disponibles et de poster une vidéo ou une photo de vous-mêmes avec celui-ci. Ce message mondial sera ensuite transmis aux dirigeants pour qu’ils prennent enfin les choses en main.

Les bienfaits de l’éducation

Lorsque toutes les filles auront accès à un enseignement primaire et secondaire de qualité, elles seront plus susceptibles de réussir professionnellement et d’être en bonne santé, selon l’ONG qui lutte également contre les maladies évitables en Afrique. Cet accès à l’éducation ne profitera pas seulement à elles-mêmes. En plus de pouvoir faire valoir leurs droits, les filles auront également grâce à l’éducation davantage de possibilités de contribuer au bien-être de leur famille et de leurs communautés ainsi que de participer au développement de l’économie locale et mondiale.

Selon l’organisation, la réduction des inégalités entre les filles et les garçons dans le monde en matière d’accès à l’éducation pourrait rapporter entre 112 et 152 milliards de dollars chaque année aux pays en développement.

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