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Comment Harry Potter a changé les jeunes adultes d’aujourd’hui (en mieux)

"Harry Potter nous a appris que personne ne mérite de vivre dans un placard", peut-on lire sur une pancarte, en lien avec la revendication des droits des homosexuels. | © Flickr/nathanmac87

Société

Une récente étude prouve que les aventures d’Harry Potter ont transformé une partie des millenials d’aujourd’hui en êtres politiques plus ouverts.

On s’en souvient comme des premiers réveils privés de sommeil : toute la nuit, on avait tourné, tourné, tourné les pages comme autant de baguettes magiques s’escrimant au « wingardium leviosa ». À dix ou onze ans, Harry Potter avait débarqué dans notre vie et pour certains, il était encore temps de recevoir la missive qui les enverrait au château par Poudlard Express. Et puis, le temps avait passé, la lettre n’était finalement jamais arrivée, mais Harry, Ron, Hermione et tous les autres étaient restés. Un peu cachés, sous des écharpes qui ne portaient plus les couleurs de Gryffondor, mais toujours là. Et peut-être que d’eux, il a subsisté chez l’adulte que nous sommes devenus un peu plus qu’un amour incommensurable pour la lecture et des souvenirs d’aventures magiques : un brin de courage, d’intelligence et de naïveté.

Les livres d’hier, les adultes d’aujourd’hui

En tout cas, c’est ce que croient Anthony Gierzynski et Kathryn Eddy, respectivement professeur de sciences politiques à l’Université du Vermont, et artiste et journaliste. Dans une publication scientifique baptisée Harry Potter et les Millennials : méthodes de recherche et politiques de la génération moldue, les deux chercheurs ont ainsi mis en évidence les preuves de l’impact durable de la saga sur une génération de lecteurs.

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©EPA/NARONG SANGNAK

Le livre raconte comment Anthony Gierzynski a conduit une étude nationale auprès de 1 100 étudiants afin de découvrir les connections entre leurs opinions politiques et la pop culture par laquelle ils ont été bercés. « À ma connaissance, c’est la seule tentative sérieuse de jauger l’impact politique de la folie Harry Potter auprès de ces pré-adultes« , fait savoir le Professeur Kent Jenning de l’Université de Californie.

Harry Potter, ce militant pacifiste

Et les résultats de l’enquête de Gierzynski et Eddy sont étonnants, d’autant plus pour ceux qui pensent toujours que le phénomène littéraire n’était qu’une tendance de plus après les récits de l’espace et avant les histoires de vampires et de loups-garous : les preuves montrent que les lecteurs assidus d’Harry Potter sont plus ouverts à la diversité et plus tolérants, politiquement parlant, que les autres. Les fans du sorcier seraient également moins autoritaires, moins portés sur l’usage de la force ou de la torture et plus engagés. « Qui plus est, ces différences ne disparaissent pas en contrôlant d’autres variables importantes« , font savoir les auteurs, mettant en évidence le rôle indépendant du monde de J.K. Rowling sur ses lecteurs. Ce n’est pas de la magie : un jeune sorcier et sa créatrice sont bels et bien parvenus à changer des petits êtres humains à coups de sortilèges, de bravoure et d’amitiés fortes.

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