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Les manifestations roumaines ne faiblissent pas malgré le recul du gouvernement

Malgré le retour en arrière du gouvernement, les protestants restent méfiants. | © AFP PHOTO / Daniel MIHAILESCU

Société

Un demi-million de personnes, selon les médias, manifestaient dimanche soir en Roumanie malgré le recul du gouvernement sur un assouplissement de la législation anti-corruption, au sixième jour d’un mouvement de contestation d’une ampleur sans égal depuis la chute du régime communiste.

Le retrait d’un décret qui aurait permis à des hommes politiques d’échapper à des poursuites n’a pas apaisé la colère des manifestants qui étaient environ 250 000 à Bucarest face au siège du gouvernement et autant dans les autres villes de Roumanie, pays de 20 millions d’habitants. « Démission » et « Voleurs« , scandaient à Bucarest les protestataires, brandissant des drapeaux tricolores mais aussi des bannières étoilées de l’Union européenne.

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La loi prévoyait, entre autres, de décriminaliser les délits d’abus de pouvoir et de conflits d’intérêts dont les dommages sont inférieurs à 44 000 euros, dans l’espoir de désengorger les prisons roumaines. Mais nombre de citoyens craignaient en même temps une recrudescence de la corruption contre laquelle ils luttent depuis le procès du premier ministre Victor Ponta en 2015, pour évasion fiscale et blanchiment d’argent.

Roumanie
AFP PHOTO / ANDREI PUNGOVSCHI – Les Roumains étaient 250 000 à protester à Bucarest.

Le Premier ministre social-démocrate Sorin Grindeanu a exclu de démissionner, déclarant, lors d’une interview télévisée, avoir « une responsabilité envers les gens qui ont voté » pour son parti lors des législatives du 11 décembre. Critiqué pour avoir adopté une révision du code pénal par décret, laissant de côté le parlement, il a néanmoins promis de « rapidement ouvrir des débats publics avec tous les partis politiques et avec la société civile« . Mais les protestataires demeuraient méfiants: « Ils ont dit qu’ils étaient à l’écoute mais ils veulent revenir avec un nouveau texte au parlement. On va rester attentif pour ne pas se faire avoir« , a réagi Daniel, 35 ans.

Avec Belga

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