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Effet nocebo : Un médicament cher a plus d’effets secondaires

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Les études sur l'effet nocebo sont rares. | © BELGA

Société

Une étude révèle que plus un médicament sans principe actif est coûteux, plus le risque d’effets secondaires serait grand. C’est le revers de l’effet placebo, l’effet nocebo. Explications.

Les médicaments sans principe actif et coûteux se sont déjà révélés être plus efficaces que les génériques moins chers, lorsqu’il sont pris par une personne qui croit en son efficacité, bien entendu. C’est l’effet placebo, renforcé par le prix du médicament. « Mais selon une nouvelle étude, ils peuvent aussi nous faire nous sentir plus mal », explique la célèbre revue Science.

Les substances inactives peuvent en effet provoquer chez les patients des symptômes ou des effets secondaires, lorsque ceux-ci doutent de leur efficacité. C’est l’alter-égo néfaste et moins connu de l’effet placebo, l’effet nocebo, du latin « je nuirai ». Les chercheurs ont révélé que le prix avait également un impact sur la douleur ressentie : plus le médicament est cher, plus le risque d’effets secondaires serait grand.

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Pas seulement dans la tête

Pour arriver à ces résultats, les scientifiques ont effectué leur étude sur 49 participants, séparés en deux groupes. Deux crèmes antidémangeaisons, identiques et sans principe actif, ont été présentées aux patients, en précisant qu’elles pouvaient avoir comme effet secondaire une hypersensibilisation à la chaleur. L’un testait la crème supposée la plus chère, l’autre la bon marché. Résultat : la douleur ressentie était, en moyenne, deux fois plus forte chez les patients qui avaient essayé la crème la plus coûteuse. Autre observation : la douleur ne cessait d’augmenter chez ce groupe au fur et à mesure de l’essai, tandis qu’elle diminuait chez les autres.

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Ce n’est pas simplement une question de ressenti. Des IRM ont confirmé une activité plus importante dans le cortex préfrontal, une zone du cerveau impliquée dans les douleurs aiguës, ainsi que les régions de la moelle épinière associées à la réponse à la douleur. Cela signifie que les patients ayant testé la crème plus onéreuse éprouvaient réellement plus de douleur.

Pour la revue scientifique, rapportée par Courrier International, « grâce à cette étude, les médecins pourraient plus facilement choisir, en fonction du patient, s’il vaut mieux lui prescrire des médicaments de marque ou des génériques ».

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