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« SOS femmes en danger », un reportage qui dénonce les violences conjugales en Russie

"S'il te frappe, c'est qu'il t'aime", dit un vieux dicton russe. | © Pexels.

Société

Avec son reportage « Russie : SOS femmes en danger », Arte dénonce la chape de plomb qui pèse sur les victimes de violences conjugales dans le pays. 

« S’il vous tue, nous viendrons pour effectuer les constatations ». Yana est russe, elle a 36 ans et vit à 400 kilomètres au sud de Moscou. Son conjoint, lui, est très violent. Elle veut le quitter. Définitivement. Elle se sent en danger. Elle appelle la police pour dénoncer les violences conjugales qu’elle subit à répétition. C’est la réponse qu’elle a reçue au bout du fil. Quelques minutes plus tard elle est battue à mort par son compagnon. 19 coups au total.

La Russie a besoin d’un électrochoc

Au sein de la société russe, la violence conjugale est devenu un « véritable fléau » qu’Arte entend mettre en lumière avec son reportage « Russie : SOS femmes en danger ». Un reportage qui évoque de (trop) nombreuses histoires similaires à celle de Yana et qui restent encore taboues, voire acceptées en Russie. Cette histoire tragique va pourtant créer un électrochoc auprès de l’opinion publique et faire, pour la première fois, les gros titres. Mais le chemin est encore long à parcourir.  Il existe des lacunes au niveau des lois du pays pour protéger les victimes et épingler les bourreaux, souvent condamnés à de légères amendes (450 euros).

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Anna, l’ONG considérée comme « agent extérieur »

Il existe toutefois une ONG qui tente de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Fondée en 1993, le centre Anna est « la première institution à venir en aide aux femmes », explique Arte. Le problème, c’est qu’Anna est elle-même victime d’une injustice. Le gouvernement l’a placée sur une liste noire en tant qu’« agent extérieur » en 2016. Une appellation héritée de l’Union soviétique. Elle est en effet financée, en partie, par l’Union européenne. Considéré comme un agent de l’étranger, le centre dispose donc d’une action limitée. « S’il te frappe, c’est qu’il t’aime« , dit un vieux dicton russe…

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