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L’histoire de « Salvator Mundi », le tableau oublié de Leonard de Vinci devenu le plus cher du monde

le Salvator Mundi sera vendu le 15 novembre après une "vie" rocambolesque | © AFP

Société

« Salvator Mundi » a longtemps été considéré comme une copie du « Maître de la Renaissance », Léonard de Vinci, avant d’être reconnu comme ayant été peint par Léonard de Vinci lui-même. Et de voir sa valeur passer de quelques dizaines de livres à plus de 450 millions de dollars.

C’est une saga digne d’un film qui vient de connaitre un nouvel épisode lors d’une enchère organisées par Christie’s à New York du tableau « Salvator Mundi », qui représente le Christ et rappelle par certains traits la célèbre Joconde. Ce qui n’est pas un fait du hasard puisque c’est la même main du « Maître » qui a peint les deux. Mais il a fallu des décennies pour que cela soit reconnu car le « Sauveur du Monde » fut longtemps considéré comme une copie puis comme une oeuvre des Leonardeschi, soit des artistes ayant travaillé avec ou sous l’influence de Léonard de Vinci.

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Et c’est peu dire que la vente à la mise à prix record de 100 millions de dollars a été suivie avec excitation par tous les amateurs d’art. D’abord, parce que le « Salvator Mundi » est le dernier tableau de Léonard de Vinci qui n’appartient ni à une institution ni à un musée. Ensuite, parce qu’il reste très peu de tableaux de Léonard de Vinci authentifiés : moins de vingt tableaux au dernier recensement. Enfin, parce que l’histoire autour de cette toile est folle.

De Louis XII à Christie’s : la drôle de vie du Salvator Mundi

Tout aurait commencé au début du 16ème siècle lorsque Louis XII aurait commandé ce tableau représentant le Christ à Léonard de Vinci. Le tableau se retrouve ensuite dans la collection privée de Charles 1er d’Angleterre avant d’être vendu aux enchères et de disparaître fin du 18ème siècle.

Salvator Mundi
L’original restauré fin des années 2000

En 1900, le tableau réapparait chez un collectionneur anglais qui en attribue la paternité à Giovanni Antonio Boltraffio, un Leonardeschi (disciple ou élève de De Vinci). Les descendants de ce collectionneur n’ont pas le nez fin quand ils le vendent pour 45 livres en 1958. À la veille de l’an 2000, le tableau est officiellement attribué aux Leonardeschi pour atteindre une valeur de 332 500$ lors d’une vente chez Sotheby’s.

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En 2005, le tableau est acheté par un consortium de marchands d’art. En spécialistes, ils se penchent sur l’oeuvre fortement abimée par de successives restaurations ratées (on a, par exemple, ajouté des moustaches au Christ) et un gros travail de restauration conduit à la révélation : oui, il s’agit bien d’un original de Léonard de Vinci. Il est alors exposé à la National Gallery de Londres lors d’une exposition dédiée au Maître de la Renaissance. Il est vendu deux ans plus tard au milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, 166ème fortune mondiale et président du club de football de l’AS Monaco. Un conflit naitra de cet achat entre le milliardaire et Sotheby’s au sujet du rôle d’un intermédiaire. Depuis sa création, sa disparition, sa réapparition et ses ventes successives, le « Salvator Mundi » aura eu une vie digne d’une saga cinématographique.

 « Dernier » voyage pour le tableau

Le tableau d’une dimension modeste (65 cm sur 45 cm) a voyagé à Hong Kong, San Francisco et Londres, où il a à chaque fois été exposé, avant de l’être à New York durant les jours précédents l’enchère. Mais les estimations de sa vente ont été bien en deça des attentes : la toile s’est vendues pour la modique somme de 450,3 millions de dollars : un montant qui bat tous les records. La légende du Salvator Mundi n’est pas prête de s’arrêter.

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