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Lutte contre l’excision : Des petits papiers pour dénoncer les mutilations génitales féminines

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À l’occasion de la journée mondiale contre l’excision, Plan Belgique lance une pétition afin de faire pression sur le gouvernement malien, l’un des rares pays à n’avoir pas encore de loi interdisant cette pratique.

 

Aujourd’hui encore, 200 millions de femmes dans le monde ont subi l’excision. C’est 70 millions de plus par rapport à 2014. Si la tendance actuelle continue, quinze millions supplémentaires de jeunes filles entre 15 et 19 ans pourraient subir l’excision d’ici 2030.

Parmi les pays encore pointés du doigt : le Mali. Avec plus de 80% des femmes et des filles excisées, le pays possède l’un des plus haut taux de Mutilations Génitales Féminines (MGF) au monde. Chaque jour, 746 Maliennes y sont victimes de cette pratique néfaste aux conséquences physiques et psychologiques souvent dramatiques.

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Pour la journée mondiale de lutte contre l’excision de ce 6 janvier, l’ONG Plan International Belgique lance une grande pétition « destinée à faire pression sur le gouvernement du Mali, l’un des rares pays à n’avoir pas encore de loi interdisant cette pratique », explique-t-on. « Plan International s’associe donc à la parlementaire et militante malienne anti-MGF Fomba Fatoumata Niambali, qui soumettra un projet de loi en mars pour interdire légalement la pratique au Mali. »

Des jeunes filles menacées chaque année

Si la pratique est surtout répandue en Afrique et au Moyen-Orient, la coutume a été importée progressivement en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. L’Europe compte 500 000 femmes excisées et environ 180 000 jeunes filles menacées chaque année. En Belgique, on estime à 4 000 le nombres de jeunes filles menacées d’être mutilées sexuellement. De retour dans leurs pays d’origine, elles sont excisées -parfois à leur insu- pour des raisons diverses (culturelles, sociales, religieuses, esthétiques, etc.).

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Papier découpé, clito mutilé

L’an passé, l’ONG Plan Belgique avait marqué les esprits avec une campagne de sensibilisation tout en provocation grâce au coup de ciseaux de l’origamiste Mandy Smith. En pliant des feuilles de papier en forme de vulves, l’artiste néerlandaise s’est fait connaître via son projet  « No More Cutting ». Sa création « Clito, papier, ciseaux » utilise les origamis pour dépeindre la diversité des organes féminins et évoque, tout en subtilité, la brutalité de la mutilation génitale. En association avec l’ONG, ce message délicat mais explicite alerte sur les conséquences qui résultent de ces mutilations.

Today Plannederland is launching a short animation using a couple of our paper vulvas to illustrate the threat of Female Genital Mutilation. We hope that this project helps to raise more awareness and funds for the fight against this devastating practice. We are always looking to partner with new people who are interested in No More Cutting as communication tool and hope that this project can contribute to something positive in the world! We wouldn’t have been able to get this far without the great submissions and support from you all so far so thank you! #vulva #vulvaart #vagina #vaginaart #empowerment #empoweringwomen #femaleform #artforamnesty #bodypositivity #paperflowers #papercraft #labia #fightagainstfgm #fightagainstabuseofwomen #equalityforall #equality #vulvaartist #feminism #feministart

A photo posted by Making paper vulvas (@nomorecutting.project) on

Une publicité désapprouvée par Facebook

À l’époque, le succès et le partage de la vidéo avaient néanmoins été freinés par Facebook, refusant de la diffuser en tant que publicité. Le réseau social estimait en effet que le clip faisait la promotion de « contenu pour adultes », rapportait l’association. Or, à la surprise de l’ONG, la même vidéo avait pu être promue sous sa version néerlandaise, traduisant selon l’ONG « le côté totalement aléatoire de certains choix chez Facebook ».

Des conséquences « fatales »

La mutilation totale ou partielle du clitoris, parfois accompagnée d’une infibulation (un rétrécissement de l’orifice vaginal) est avant tout ancrée dans des croyances sociales et culturelles. Malgré l’enracinement d’une telle coutume, l’ONG insiste sur les séquelles physiques et psychologiques qui marquent les femmes à vie. Une douleur permanente (pendant les règles, les rapports sexuels, l’accouchement) que les associations et les artistes ne cesseront de défendre jusqu’à une pénalisation totale et définitive. Car la législation semble tout de même évoluer. En Afrique, cinq pays ont déjà adopté des lois pour criminaliser l’excision : le Kenya, l’Ouganda, la Guinée-Bissau, le Nigéria et la Gambie.

Les conséquences physiques, sociales et psychologiques sont graves – voire fatales – pour les femmes.

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