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L’islamologue Tariq Ramadan accusé de viol et agressions sexuelles

Tariq Ramadan à Gand, en 2012. | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Société

Vendredi, Henda Ayari a déposée plainte à l’encontre de Tariq Ramadan pour viol et agressions sexuelles.

Une plainte a été déposée vendredi à l’encontre de l’islamologue et théologien suisse Tariq Ramadan, notamment pour viol et agressions sexuelles, a-t-on appris auprès d’un des avocats de son accusatrice, Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque. Cette plainte a été déposée auprès du parquet de Rouen, dont relève le domicile de la plaignante, pour « des faits criminels de viol, agressions sexuelles, violences volontaires, harcèlement, intimidation », selon le document consulté par l’AFP.

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Une révélation cachée dans son livre

Henda Ayari, 40 ans, présidente de l’association Libératrices, a indiqué vendredi sur sa page Facebook avoir été « victime de quelque chose de très grave il y a plusieurs années » mais n’avoir pas alors voulu révéler le nom de son agresseur en raison de « menaces de sa part ». Dans son livre J’ai choisi d’être libre, paru en novembre 2016 chez Flammarion, elle a décrit cet homme sous le nom de Zoubeyr, narrant un rendez-vous dans sa chambre d’hôtel à Paris où cet intellectuel musulman venait de donner une conférence.

« Par pudeur, je ne donnerai pas ici de détails précis sur les actes qu’il m’a fait subir. Il suffit de savoir qu’il a très largement profité de ma faiblesse », avait écrit Henda Ayari, assurant que quand elle s’est « rebellée », qu’elle lui a « crié d’arrêter », il l’a « insultée », « giflée » et « violentée ». « Je le confirme aujourd’hui, le fameux Zoubeyr, c’est bien Tariq Ramadan », écrit Henda Ayari sur Facebook. Selon Maître Jonas Haddad, l’un de ses conseils, « Henda Ayari n’avait pas envie de communiquer sur ce sujet, par peur ».

La défense des « fans »

« Avec la libération de la parole à laquelle on assiste depuis quelques jours, elle a décidé de dire ce qu’elle a subi et d’en tirer les conséquences judiciaires », a-t-il poursuivi, interrogé par l’AFP. Tariq Ramadan n’avait pu être joint par l’AFP et n’avait pas réagi sur les réseaux sociaux en fin d’après-midi. Depuis, il a posté un court message en arabe sur sa page Facebook, immédiatement commenté par des centaines d’internautes discréditant le témoignage de la victime.

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Relativement populaire auprès d’une partie des fidèles musulmans, il est aussi très contesté, notamment dans les milieux laïques, qui voient en lui le tenant d’un islam politique.

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