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A (pas) voté : Bruxelles reporte son vote sur le sort du glyphosate

Plusieurs États membres comme la France, l'Autriche et l'Italie ont affirmé publiquement leur opposition à une autorisation valable pour encore une décennie. | © AFP PHOTO / GUILLAUME SOUVANT

Société

Le vote tant attendu entre les États membres de l’Union européenne sera reporté à une date ultérieure.

Réunis ce mercredi 25 octobre dans un comité d’experts, les représentants des États membres de l’Union européenne devaient décider des conditions de renouvellement de la licence du glyphosate censée expirer en décembre.

Entente impossible

Faute d’accord sur l’herbicide controversé, le vote tant attendu n’a finalement pas eu lieu. L’exécutif européen espérait en effet organiser un vote lors d’une réunion à huit clos d’un comité d’experts représentants les 28. La décision a ainsi été renvoyée à une date ultérieure.

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« Plusieurs options ont été discutées », a rapporté à l’AFP une porte-parole de la Commission. L’exécutif européen va maintenant prendre le temps de « réfléchir » avant de proposer « sous peu » une nouvelle date de réunion.

Le ministère danois de l’Environnement a expliqué sur Twitter qu’il avait été « impossible de s’entendre sur la proposition de la Commission », rapporte l’AFP. Cette dernière a abandonné son premier projet, qui était de proposer un renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour dix ans, en suggérant de renouveler son autorisation pour une durée de cinq à sept ans.

Vers une disparition progressive du glyphosate

Plusieurs États membres comme la France, l’Autriche et l’Italie ont affirmé publiquement leur opposition à une autorisation valable pour encore une décennie. Ce mercredi matin, la Belgique a rejoint le camp des opposants, refusant des « délais trop longs ». À l’instar de la France, la Belgique s’est rangée à l’idée d’une disparition progressive du glyphosate des sols de l’UE. La question est alors de savoir quel délai est nécessaire pour préparer les cultivateurs à la perspective d’une agriculture sans glyphosate, plébiscité pour son efficacité et son faible coût.

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L’objectif de la Commission reste de « trouver une solution qui bénéficie du soutien le plus large possible, qui assure un haut niveau de protection de la santé humaine et de l’environnement, en ligne avec la législation européenne et fondée sur les données scientifiques disponibles », a-t-elle assuré.

Une manifestation organisée ce mercredi 25 octobre à Bruxelles par « Stop Glyphosate ». © AFP PHOTO / JOHN THYS

Pour être validée, la proposition de la Commission doit recueillir une majorité qualifiée à savoir 55 % des États membres représentant 65 % de la population. Une majorité difficile à atteindre sans les poids lourds démographiques de l’UE.

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Ce mardi 24 octobre, les eurodéputés ont voté avec une large majorité une résolution non contraignante demandant la disparition du glyphosate dans l’UE d’ici à 2022. Les eurodéputés demandent également que l’utilisation du glyphosate à des fins non professionnelles soit interdite dès le 15 décembre 2017.

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