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Marlène Schiappa demande à Twitter de prendre ses responsabilités contre le cyber-harcèlement

Marlène Schiappa est la Secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes. | © AFP PHOTO / JOEL SAGET

Société

La Secrétaire d’État française a adressé un courrier à Twitter et Webedia pour les encourager à contribuer davantage à la lutte contre la haine sur Internet, particulièrement à l’égard des femmes.

Pile une semaine après son lancement, ce qui avait été pensé comme une initiative anti-harcèlement a elle-même viré au catalyseur d’une vague de menaces en ligne impressionnante. La cible est un « numéro anti-relous », et plus spécifiquement ses créateurs, qui ont mis à disposition des femmes en présence d’un interlocuteur insistant un outil d’éducation au consentement. Mais l’idée n’a pas plu à tout le monde et les réactions d’une vaste communauté de « trolls » a forcé Clara Gonzales et Elliot Lepers, les instigateurs du numéro, à désactiver celui-ci.

Les attaques ont pris la forme d’une série de spams malveillants sur la messagerie ayant mis à mal ses finances. Des menaces de mort et de viol ont également été reçues par Mme Gonzales et M. Lepers. Celles-ci proviennent de Twitter et d’utilisateurs du forum « Blabla 18-25 » – souvent actifs sur les deux plateformes -, racheté en juin 2014 par la société Webedia.

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Après avoir été manifestement sollicitée par les deux victimes et dans le cadre de sa lutte contre toute forme de harcèlement envers les femmes, Marlène Schiappa a tenu à adresser un courrier à Webedia et Twitter, qu’elle a ensuite elle-même posté sur la plateforme.

« Je vous rappelle que la loi française punit pénalement les délits de provocation à la haine et à la violence et d’injure publique », a-t-elle insisté dans sa lettre. La Secrétaire d’État pour l’égalité entre les femmes et les hommes a ensuite fait référence aux récentes révélations draguées par les hastags #MeToo et #BalanceTonPorc : « Alors que la faiblesse de la modération des commentaires haineux de toute sorte sur votre réseau social a déjà été soulignée à plusieurs reprises par le passé – et en particulier s’agissant des attaques régulières de cyber-harcèlement sexistes – je ne pourrais que vous inciter à amorcer une nouvelle réflexion sur la politique de modération du contenu du réseau. Il ne nous est pas possible d’appeler les femmes à ‘libérer leur parole’ si cette parole est suivie d’un tel harcèlement sur Twitter ».

Twitter est un outil formidable de liberté d’expression – il ne doit pas devenir un vecteur de haine.

À Twitter, elle a fait savoir que Webedia s’était engagé à doubler le nombre de modérateur et à participer à une réunion rassemblant « les principaux acteurs du secteur numérique, réseaux sociaux et forums », afin de dégager les axes permettant de limiter toute forme de haine en ligne. Elle invitait la plateforme à l’oiseau bleu à faire de même : « Il incombe à chacun des acteurs de s’interroger sur ses responsabilités pour contribuer à limiter les formes de haine sur Internet ».

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Dans sa lettre, Marlène Schiappa a également fait référence à la journaliste Nadia Daam, sous le coup de violentes « attaques contre ses comptes électroniques, injures pornographiques, menaces de mort, menaces de viol, menaces sur son enfant, tentative d’intrusion à son domicile au milieu de la nuit », relaie Libération. Elle avait notamment dénoncé les agissements des « trolls » contre le numéro « anti-relous » dans une chronique radio sur Europe 1, déclenchant à son tour leur fureur.

 

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