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En Suède, une exposition dans le métro illustrant des femmes ayant leurs règles fait réagir

© Instagram @linneamanzanares

Société

Depuis plusieurs semaines sont exposés sur les murs d’une station de métro à Stockholm des dessins représentant des femmes qui ont leurs règles. Des illustrations qui divisent les Suédois.

 

À Stockholm, on aime bien rendre les stations de métro un peu plus jolies et arty, du coup, depuis 60 ans, sont exposées en permanence des œuvres d’art dans 90 stations de métro sur les 100 existantes. Des œuvres que l’on peut donc admirer pendant qu’on attend son métro ou en se rendant d’une station à une autre. Sauf que comme le rapporte The Guardian, la dernière exposition à la station Slussen est loin de faire l’unanimité. Depuis plusieurs semaines, nombreux sont ceux à s’indigner sur les réseaux sociaux. La raison : certains dessins de Liv Strömquist -une célèbre auteure suédoise de bandes dessinées satiriques et féministes- représentant des femmes ayant leurs règles. Tout simplement. Les dessins sont en noir et blanc et la seule touche de couleur est apportée par le rouge du sang. Sinon, il y a aussi des dessins d’oiseaux, d’arbres, de chats, d’hommes nus… Mais ceux-là ne posent aucun « problème ».

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Il faut donc croire que les règles sont encore aujourd’hui un sujet trop tabou, comme le déplore Jack Parker, auteure du livre Le Grand Mystère des règles : Pour en finir avec un tabou vieux comme le monde, sorti en mai dernier. Sur Twitter, on dit que c’est « dégoûtant » ou encore que « Ce n’est pas de l’art, c’est dégueulasse ».

Cela fait cinq semaines que les illustrations sont exposées, et les critiques sur les réseaux sociaux se multiplient depuis : « Cela ne suffit pas d’avoir [ses règles] une fois par mois, il faut qu’on nous le rappelle chaque fois que l’on monte dans un métro ».

« C’est compliqué d’expliquer à un enfant de 4 ans ce qu’est le rouge entre leurs jambes », déplore un autre internaute. Janet Carr, une linguiste et traductrice sud-africaine résidant à Stockholm, a quant à elle exprimé son scepticisme sur son blog : « D’un côté, je suis contente que l’on parle aujourd’hui ouvertement de certains phénomènes corporels comme les menstruations… pour aider les gens à mieux comprendre leur corps qui se transforme (…) Mais d’un autre côté, je ne suis pas sûre de vouloir voir d’énormes images de ce style lors de mon trajet quotidien ».

En exposant l’art de Liv Strömquist, nous avons voulu célébrer le corps humain dans toutes ses formes et qzq facettes.

« Nous ne voulons pas que les travaux soient offensants de quelque façon que ce soit. Mais ceci étant dit, nous n’avons pas de politique particulière concernant les différentes expressions du corps humain nu » a déclaré Martina Viklund, porte-parole de la SL, l’équivalent de la STIB en Belgique, ajoutant avoir reçu de nombreuses plaintes, mais affirmant son soutien à l’artiste : « En exposant l’art de Liv Strömquist, nous avons voulu célébrer le corps humain dans toutes ses formes et ses facettes »Quant à l’artiste concernée justement, elle a expliqué à Sveriges Radio être habituée à ce que son travail soit sujet à controverse et qu’elle trouvait que cela avait provoqué une discussion saine et nécessaire sur un sujet encore tabou : « C’est étrange que cela soit considéré comme provocateur. J’ai vraiment du mal à comprendre cela ». Les œuvres continueront en tout cas d’être exposées jusqu’en août prochain.

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