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Tariq Ramadan, accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec ses élèves mineures

Tariq Ramadan, le 22 février 2011. | © EFE/Alberto Estevez

Société

Dans une enquête menée par La Tribune de Genève, quatre anciennes élèves du professeur se sont confiées.

Presque deux semaines après avoir été accusé de viol en France, le théologien suisse est visé par de nouvelles plaintes qui resurgissent d’un passé bien plus lointain. Ce vendredi 3 novembre, La Tribune de Genève a publié une enquête dans laquelle quatre des anciennes élèves du professeur Ramadan affirment avoir été harcelées et avoir eu des relations sexuelles, sous l’emprise de leur professeur.

Manipulation et emprise psychologique

Avant d’être le célèbre islamologue qu’il est devenu, Tariq Ramadan a enseigné plusieurs années dans sa ville natale, à Genève. Au Cycle des Coudriers puis au Collège de Saussure, le professeur de français et de philosophie aurait séduit plusieurs de ses élèves, âgées de 14 à 18 ans, d’après des témoignages révélés par le quotidien suisse francophone.

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Anonymement, quatre Genevoises racontent « l’emprise psychologique qu’exerçait sur elles leur brillant professeur ». « Il a mis sa main sur ma cuisse en me disant qu’il savait que je pensais à lui le soir avant de m’endormir (…). C’était de la manipulation. Il disait qu’il pensait à moi mais qu’il était marié. J’étais mal, mais je ne pouvais rien dire. C’était mon prof », raconte la plus jeune d’entre elles. Elle décrit un « homme possessif et jaloux (…) tordu, intimidant, qui usait de stratagèmes relationnels et pervers et abusait de la confiance des élèves ». La jeune femme avait 14 ans au moment des faits.

J’étais fascinée, sous son contrôle.

Une autre, âgée de 18 ans, déclare avoir été « abusée et violentée ». « Cela s’est passé trois fois, notamment dans sa voiture. C’était consenti mais très violent. J’ai eu des bleus sur tout le corps. Il m’a toujours fait croire que je l’avais cherché », raconte-t-elle. Une troisième raconte avoir embrassé le professeur Ramadan dès l’âge de 17 ans puis avoir eu des relations plus intimes dès atteint sa majorité sexuelle. « J’étais fascinée, sous son contrôle. Il me prenait, me jetait, instaurait une relation de dépendance », affirme-t-elle.

Plainte pour « dénonciation calomnieuse »

Concernant les premières plaintes faites contre lui, l’islamologue avait dénoncé une « campagne de calomnie » de la part de ses « ennemies de toujours » en annonçant qu’il porterait plainte« Le droit doit maintenant parler, mon avocat est en charge de ce dossier, nous nous attendons à un long et âpre combat. Je suis serein et déterminé », avait-t-il déclaré.

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