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23 migrantes noyées en Méditerranée : la piste d’un réseau de prostitution

Une femme et son enfant, à bord d'un navire de sauvetage en Méditerranée. | © Yara Nardi / Italian Red Cross

Société

Les enquêteurs examineront les corps de ces femmes, qui semblent être nigérianes, pour vérifier si elles ont été victimes de violences.

Les corps de 23 femmes, mortes noyées lorsque leur canot pneumatique a coulé alors qu’elles tentaient la traversée vers l’Europe à partir de la Libye, ont été débarqués ce dimanche 5 novembre dans le sud de l’Italie. Les autorités ont promis une enquête sur ce naufrage.

Les corps des naufragées examinés

C’est la première fois qu’un des nombreux naufrages de clandestins dans la Méditerranée ne fait que des femmes comme victimes, et les autorités se demandent s’il ne s’agissait pas d’un trafic destiné à la prostitution.

Les femmes sont plus souvent victimes que les hommes en cas de naufrage – elles savent souvent moins bien nager, sont encombrées de vêtements trop lourds, ou encore tentent de sauver leurs enfants. On compte en moyenne six femmes noyées pour cinq hommes. « C’est une tragédie. Le parquet va ouvrir une enquête immédiatement », a déclaré Salvatore Malfi, le préfet de Salerne, la ville où les corps ont été débarqués. « Nous verrons si nous avons de vrais suspects ou si ce sera une enquête contre X. »

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Les enquêteurs examineront notamment les corps de ces femmes, qui semblent être nigérianes, pour vérifier si elles ont été victimes de violences. « Il y avait aussi des hommes à bord de leur canot pneumatique », a ajouté le préfet de Salerne et la prostitution est une possibilité. Toutefois, a-t-il souligné, « les routes pour le trafic destiné à la prostitution sont généralement différentes. Remplir un bateau de femmes est risqué, les trafficants pourraient perdre toute leur ‘marchandise’, comme ils disent, en une seule fois ».

AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO

Une traversée toujours aussi risquée

Le navire espagnol qui a ramené les corps, le Cantabria, a également ramené 375 migrants sauvés des vagues, dont 116 femmes, neuf d’entre elles enceintes. Plus de 111 700 personnes sont arrivées en Italie par la mer au cours des dix premiers mois de cette année, 30% de moins que l’an dernier, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Un total de 2 839 personnes sont mortes en tentant la traversée.

– Avec Belga

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