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Ce qu’il faut savoir sur les « Paradise Papers »

À l'appui de ces révélations : la fuite de 13,5 millions de documents financiers. | © Flickr : Mike Cofrancesco

Société

Les Paradise Papers dévoile la fortune offshore de la reine d’Angleterre, du collecteur de fonds de Justin Trudeau mais aussi des grandes sociétés comme Nike et Apple Inc.

On connaissait les « Panama Papers », c’est désormais au tours des « Paradise Papers » de bousculer le monde merveilleux de l’évasion fiscale. Dix-huit mois après la fuite des documents issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, une nouvelle vague de documents confidentiels provenant notamment des Bermudes éclabousse les clients (bien connus) des paradis fiscaux.

Les grands puissants épinglés

L’enquête internationale, menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) qui regroupe 96 médias de 67 pays, a été révélée ce dimanche 5 novembre sur base d’une fuite massive de documents provenant essentiellement du cabinet de conseil britannique Appleby, basé aux Bermudes et spécialisé dans les montages off-shores. Les Paradise Papers – dont les documents proviennent également de Singapour, des Bahamas et d’autres juridictions comme les îles Caîman – braquent les projecteurs sur les circuits planétaires d’optimisation fiscale.

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Obtenues par le journal allemand Süddeutsche Zeitung, les informations révèlent une liste de noms loin d’être inconnus au bataillon. Parmi eux, celui du ministre américain du Commerce, Wilbur Ross, qui aurait gardé des participations dans une société de transport maritime ayant des liens d’affaires étroits avec un oligarque russe visé par des sanctions américaines ainsi qu’avec un gendre de Vladimir Poutine, selon le New York Times.

C’est ensuite à Justin Trudeau d’être dans le viseur des « Paradise Papers », ou plus précisément à son « homme de la finance », le milliardaire Stephen Bronfman. D’après les révélations, Stephen Bronfman et sa société Claridge auraient investi dans une structure financière opaque des îles Caîman afin d’échapper à certaines taxes. Au Royaume-Uni, une dizaine de millions de livres sterling d’avoirs de la reine Elizabeth II ont été placés dans des fonds aux îles Caïmans et aux Bermudes, selon la BBC et The Guardian.

120 politiciens, 500 noms belges

La liste s’allonge en révélant les noms de plus de 120 politiciens à travers le monde mais aussi celui de grandes fortunes privées et de multinationales comme Apple, Nike ou Uber. En Belgique, des journalistes du Soir, et des quotidiens flamands De Tijd et Knack ont relevé, parmi plus de 13 millions de documents, 500 noms belges impliqués dans l’affaire.

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