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Ceux qui vont au Burning Man sont des riches blancs Américains trentenaires diplômés

© Flickr @Pedro Sagüés

Société

Le grand festival d’art contemporain réunit chaque année dans le désert du Nevada de nombreuses personnes du monde entier. Des personnes qui seraient majoritairement blanches, américaines, riches, diplômés et ayant dans la trentaine.

 

Le Burning Man rassemble chaque année en septembre près de 70 000 visiteurs dans la ville éphémère de Black Rock City pour regarder un mannequin géant s’embraser, écouter de la musique, regarder des performances artistiques…

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Comme le soulevaient déjà Slate et Le Monde en 2015, depuis sa création en 1986 où ce festival de la contre-culture était gratuit, le Burning Man commencerait cependant à se brûler les ailes, entre gentrification et contradictions (« les « burners » ne jurent que par l’énergie solaire, mais ils apportent des 35 tonnes bourrés de générateurs en plein désert pour faire tourner les néons et la sono des DJ »). Que les festivaliers soient  « riches », ça, on s’en doutait, -ou alors des personnes qui ont pas mal économisé-. Car entre le prix du billet (les prix commencent à 425 dollars), le prix du transport (pour s’y rendre), le parking, le camping, la nourriture etc. Cela peut facilement monter dans les 2 500 dollars (comme l’a calculé en détails le Time) la semaine dans le désert du Nevada « même si plus d’un quart des Burners concèdent dépenser entre 2 500 et 5 000 dollars » apprend-t-on dans une étude intitulée « Black Rock City (BRC) Census » qui a réalisé des sondages sur les festivaliers entre 2013 et 2016.

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Un manque de diversité

Selon les résultats de l’étude, en 2016, les festivaliers avaient une moyenne d’âge de 34 ans, 79,1% des festivaliers étaient blancs , 74,4 % diplômés, et 47,1% gagnaient plus de 100 000 dollars par an (soit environ 87 000 euros) alors que le revenu médian des festivaliers serait de 94 000 dollars (environ 81 000 euros) soit 29 000 dollars de moins que le revenu médian d’un ménage entier aux États-Unis. Le « burner » typique serait donc un homme blanc, vivant aux USA, trentenaire, riche et diplômé. Pourtant, sur le site de Burning Man est indiqué que tout le monde peut participer à l’aventure et que « Nous accueillons et respectons l’étranger. Aucun prérequis n’existe pour la participation dans notre communauté ». Mais comme le rappelle le site Quartz, ces chiffres ne sont pas vraiment représentatifs de l’ensemble des Américains, puisque seulement 29,3 % des Américains ont un certificat universitaire et la population nord-américaine n’est non plus composée de 79,1% de blancs mais de 58,4% (19,1% de la population est hispanique, 13,1 noire, et 6,3 asiatique). En résumé, « si le Burning Man était un état (…) il serait une version extrême du Massachusetts, l’un des États les plus riches et les plus éduqués des États-Unis ».

Pour rappel, Larry Harvey, le fondateur du Burning Man, confiat en 2015 au Guardian qu’il ne pensait pas que les « noirs aimaient camper autant que les blancs ».

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