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Quand Harvey Weinstein employait des anciens agents du Mossad pour intimider les actrices

Une effigie du producteur déchu prête à être brûlée. | © Belga / AFP PHOTO / Ben STANSALL

Société

Accusé de multiples agressions sexuelles après des enquêtes conjuguées du New York Times et du New Yorker, Harvey Weinstein avait engagé des anciens agents du Mossad, les services secrets israéliens.

C’est ce que révèle le journaliste Ronan Farrow dans The New Yorker. Le producteur le plus influent de Hollywood a commencé à engager des agents spécialisés dans le recueil d’informations sensibles, afin de lui permettre de mieux appréhender l’ampleur des enquêtes menées sur lui dès l’automne dernier. Il engagera des agents de deux sociétés, Kroll, l’une des plus grandes sociétés de renseignement d’entreprise au monde, et Black Cube, une entreprise dirigée par d’anciens officiers du Mossad et d’autres agences de renseignement israéliennes.

Harvey Weinstein en pleine panique

Selon Ronan Farrow, deux enquêteurs privés de Black Cube, utilisant de fausses identités dont l’une d’une militante spécialisée dans les droits des femmes, vont rencontrer personnellement l’actrice Rose McGowan, l’une des premières accusatrices, enregistrant au moins quatre conversations avec cette dernière. Sous une autre identité, le même enquêteur rencontrera un journaliste à deux reprises afin de connaitre les identités des femmes qui parleraient à la presse.

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Dans le contrat qui liait Harvey Weinstein à Black Cube, signé en juillet dernier, était mentionné l’objectif poursuivi : arrêter les enquêtes journalistiques sur les agressions sexuelles commises par Harvey Weinstein. Toujours selon The New Yorker, l’ancien patron de Miramax a fait recueillir des informations sur des douzaines d’individus, et surveiller personnellement le progrès des enquêtes. Il a aussi recruté d’anciens employés de ses sociétés, y compris pour passer des coups de fils intimidants… Une ancienne productrice Pamela Lubell témoigne et décrit un homme totalement paniqué. « Il criait : obtenez des coups de téléphone, appelez-les », se souvient-elle. Harvey Weinstein lui avait même demandé de trouver des preuves de ses liens d’amitié avec ses futures accusatrices.

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