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« Petite racaille, on en a marre de toi » : la communauté marocaine réagit aux émeutes de Bruxelles

émeutes Bruxelles

Arrestation musclée ce mercredi à Bruxelles | © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Société

Alors que des émeutes ont déchiré Bruxelles samedi soir et mercredi, l’opinion publique a été prompte à mettre tous les coupables dans le même sac. Une étiquette dont se passerait bien la communauté marocaine de la capitale, dont le sentiment a été traduit dans une carte blanche rédigée pour Le Soir par Sammy Mahdi, président des Jeunes CD&V. 

Un texte engagé dont le titre donne le ton : « Petite racaille, on en a marre de toi ». « On », c’est Sammy Mahdi, bien sûr, un golden boy parfait bilingue, diplômé en droit et en sciences politiques de la VUB, et à mille lieues des clichés éculés trop souvent véhiculés sur sa communauté. Mais avec ce « on », le président des Jeunes CD&V se veut aussi être la voix de cette même communauté, de ces jeunes qui cachent leurs origines par peur des stigmates qui y sont associés, de ces parents qui ont honte et des ces filles qui ont peur. Une carte blanche teintée du rouge de la colère, comme un rappel nécessaire que tout n’est jamais noir et blanc, et que les premiers à souffrir des émeutes de ces derniers jours, ce sont ceux-là même qui, par la couleur de leur peau ou leur nom de famille se voient acoquinés d’emblée aux fauteurs de troubles. Et pourtant.

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Pourtant, ainsi que le souligne Sammy Mahdi, qui s’adresse pour l’occasion à une « chère petite racaille » :

Mes amis d’origine marocaine en ont marre de toi. Marre de cette stigmatisation que tu entretiens de toute une communauté qui en souffre. Et de ce sentiment de honte que tu infliges à toute la communauté musulmane. Ils ont parfois même honte de dire qu’ils sont d’origine marocaine, alors qu’ils sont extrêmement fiers de leurs racines.

Et que dire de ces parents « qui avaient l’espoir que tu pourrais réaliser les rêves qu’ils n’ont pas pu réaliser. Ils sont furieux aussi, parce que leurs parents ou eux-mêmes ont travaillé dur pour en arriver là ». Et puis les filles, aussi : « nos copines, sœurs et mères en ont marre de toi. De tes sifflets ; d’être insultées de sales putes. Elles en ont marre de ne plus se sentir en sécurité la nuit, parce que tu as ce besoin de te faire remarquer ».

Gâcher tout pour tout le monde

En 565 mots dont pas un de trop, Sammy Mahdi verbalise les maux, ceux d’une communauté qui n’a de cesse d’être stigmatisée, et où l’ennemi vient souvent de l’intérieur. Ainsi qu’il le souligne, « de nombreuses personnes d’origine étrangère qui ont fait de leurs frustrations une force pour entreprendre des initiatives positives en ont marre de toi. Parce qu’elles ont l’espoir que leurs réalisations pourront inspirer toute une génération, pendant que toi tu salis leur travail avec le simple fait de prendre ce pavé en main ». Et s’il reconnaît qu’il « y a probablement plusieurs raisons pour lesquelles tu es devenue la racaille que tu es devenue », il ne fait aucune concessions à ce type de comportement pour autant.

Aucune de ces raisons n’est valable pour nous pourrir la vie. Si tu ne le réalises pas toi-même, j’espère que les forces de l’ordre arriveront à changer ton comportement criminel. Parce qu’honnêtement, on en a ras le cul.

Et d’ajouter à l’attention de cette « petite racaille » : « Tu ne te sens peut-être pas comprise. Et peut-être que tu as même des bonnes raisons pour cela. Mais tu gâches tout pour tout le monde ».

 

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