Paris Match Belgique

Le co-fondateur de Paypal souhaite construire une île pour les (super)riches

Capture d'écran YouTube @seasteading

Société

Peter Thiel, le co-fondateur de PayPal, a pour objectif de créer d’ici 2020 une île artificielle en Polynésie, réservée à une élite qui n’aurait plus de comptes à rendre aux politiques.

 

Le projet peut sembler fou, mais il est pourtant bien réel et son stade est d’ailleurs même bien avancé. D’ici 2020, une nouvelle île pourrait voir le jour au beau milieu du Pacifique. Une île artificielle financée en partie par Peter Thiel, co-fondateur de PayPal et soutien affiché de Donald Trump, actuel président des États-Unis. Avec à terme, la création d’autres îles dans des eaux internationales -mais proches de terres pour que les citoyens puissent s’y réfugier en cas de catastrophes naturelles-. Seuls pourront vivre sur ces îles des personnes fortunées, souhaitant s’affranchir des gouvernements. En effet, ces cités flottantes seraient reconnues comme des États à part entière et ses citoyens pourraient y choisir les règles de gouvernance. Adieu donc les taxes, impôts à payer and co. C’est l’Institut Seasteading, une association constituée d’entrepreneurs californiens, qui travaille à ce projet, dont le milliardaire Peter Thiel a déjà investi 1,7 million de dollars de ses deniers personnels .

Bientôt une 119ème île en Polynésie ?

Le chantier flottant bientôt commencer et la première île serait habitable d’ici 2020. Elle se situerait dans l’océan Pacifique, au sud de Tahiti où une quarantaine d’hectares a été concédée pour faire des essais. Début 2017, le gouvernement de la Polynésie française avait accepté de laisser l’Institut Seasteading commencer ses essais dans ses eaux, bien que les Polynésiens aient manifesté leurs inquiétudes quant au respect de l’environnement avec un tel projet. Mais l’archipel se veut justement écolo puisque les concepteurs souhaitent que les bâtiments possèdent des toits végétalisés et soient construits à partir de bois local, de fibre de bambou, de noix de coco et de métal et plastique recyclés, le tout garanti « zéro émission » afin de « préserver l’environnement, enrichir les pauvres, guérir les maladies et libérer l’humanité des politiciens » explique sur son site l’Institut Seasteading.

Lire aussi > Ce qu’il faut savoir sur les « Paradise Papers »

La Polynésie s’intéresse au projet car elle y voit là une expérience intéressante, l’archipel étant menacé par la montée des eaux. Aussi, « cette île artificielle respectera le droit polynésien » a déclaré à l’AFP Marc Collins, ambassadeur de Seasteading en Polynésie. Sur la première île bâtie à partir de plateformes modulables en matériaux recyclables, il y aurait une douzaines de structures comprenant des maisons, des hôtels, des bureaux, des lieux de loisirs et des restaurants pour un coût estimé à 60 millions de dollars selon la société Blue Frontiers, qui gère le projet polynésien pour le compte de Seasteading, et qui explique vouloir financer le projet en partie avec de la monnaie virtuelle, le bitcoin. Chaque bloc serait ensuite vendu 15 millions de dollars aux acheteurs intéressés.

Nous pouvons à terme créer une grande diversité de gouvernements pour une grande diversité de personnes.

« Si nous pouvons développer notre ville flottante, il s’agira d’un ‘pays start-up’ permettant à terme de créer une grande diversité de gouvernements pour une grande diversité de personnes » a déclaré Joe Quirk, président de l’Institut Seasteading au New York Times. Et d’ajouter : « Les gouvernements vont de plus en plus mal. Ils sont bloqués dans les siècles précédents. Parce que leur présence terrestre les incite à vouloir en contrôler toujours plus ». À la différence d’un monde sur l’eau donc ?

CIM Internet