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Pimp My Street : Des créateurs belges pour redynamiser l’Îlot Sacré

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Du 23 novembre au 7 janvier. | © MG

Société

Les Bruxellois ne la reconnaîtront pas. Une partie de la Petite rue des Bouchers a été reprise en main par la Ville de Bruxelles avec l’aide d’une douzaine d’artistes et créateurs belges. Résultat : des mini-commerces temporaires à ne pas manquer pour les courses de Noël.

On l’évite comme la peste. Piège à touristes, hygiène douteuse, oppression de passage… La Petite rue des Bouchers est rayée de la carte bruxelloise depuis plusieurs années. Les seuls à encore emprunter cette ruelle étroite, coincée entre la rue commerçante du Marché aux Herbes et Chez Léon, sont probablement les fêtards déjà éméchés voulant se rendre au Delirium ou au Floris. Bientôt de l’histoire ancienne ?

Avec l’initiative « Pimp My Street », on la redécouvre en tout cas sous un autre jour. Plus propre, plus beau et plus lumineux, grâce notamment aux néons bleus facilement repérables. Du 23 novembre au 7 janvier, une douzaine d’artistes, créateurs et entrepreneurs belges s’installe dans les espaces vides de cette petite rue, mis gratuitement à disposition par les propriétaires. L’objectif ? Donner envie aux locaux de redécouvrir ce quartier et montrer aux investisseurs son potentiel d’attractivité, « pour que l’Îlot sacré appartienne à tout le monde », résume Marion Lemesre, échevine des Affaires économiques, à qui l’on doit cette initiative.

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Du design aux vêtements, en passant par la photographie et les bijoux, chaque créateur belge apporte une offre différente pour former une destination, pas loin de la Rue Neuve, à rajouter sur son parcours de courses de Noël. Des gift shops d’un nouveau genre : accessibles, qualitatifs et originaux, bien loin des vitrines remplies de décapsuleurs et de Manneken Pis qui les entourent.

Trois boutiques et un espace collectif

Dans la première boutique, la mode et les bijoux sont à l’honneur. Les robes modulables 100% belges de Tirez-vous les filles sont dressées à côté des bijoux audacieux et rebelles d’Olivia Hainaut, qui contrastent avec la géométrie et la sobriété des créations de Naomi Baeck alias NAO. Passé la porte de la deuxième boutique, Laurent Gerbaud vous accueille dans une autre atmosphère, celle de la gourmandise du chocolat mêlée à l’artisanat brut de l’ébéniste Frank Kuschnerus avec qui le chocolatier a déjà travaillé pour refaire l’intérieur de sa boutique, permanente, rue Ravenstein. Dans ce nouvel espace, Laurent Gerbaud propose des produits plus simples et à petits prix mais toujours à base de chocolat noir, le lait et le blanc devant être interdits selon lui.

Pimp My Street
Pimp My Street

Dans la troisième et avant-dernière boutique se trouve Dominique Gringoire, architecte d’intérieur. Depuis plus de 20 ans, elle crée des lieux de vie et des ambiances élégants, design et surtout personnalisés. En participant à « Pimp My Street », elle s’attaque à un nouveau défi : « l’art contre le vilain ».

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Dans l’espace collectif se mêlent de nombreux artistes et créateurs aux parcours bien différents : les vêtements colorés et ethniques d’Erratum Fashion, le mix de peinture et de photographie du duo Mira, les installations en papier, légères et fragiles de Margaux Baert, la capitale capturée par Jehanne Hupin, life designer de métier, les objets créatifs et innovants de Dirk De Wever, les bijoux recyclés d’Isabelle Azais avec son univers « Alice au pays des poubelles », l’importance de l’arbre dans le design du Studio Arbor ou encore le travail, tant mobilier que textile, des deux hommes à tout faire derrière Designwithgenius.

Confiance en l’avenir

« On veut tourner la page », explique Marion Lemesre. « L’Îlot sacré était le ventre de Bruxelles, les gens aimaient y faire la fête. Puis c’est devenu un centre hyper touristique, sans aucun entretien », regrette-t-elle. Depuis plusieurs mois, elle s’active avec son équipe pour redonner à ce quartier ses lettres de noblesse. Rien que le contraste entre les locaux avant et après l’initiative « Pimp My street » est bluffant.

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Leurs efforts ont porté leurs fruits. Plusieurs enseignes s’y sont récemment installées : le Café Benelux, avec ses cocktails originaux et sa décoration bien étudiée, Pré de Chez Nous avec sa cuisine authentique et en direct des producteurs mais aussi le Comptoir des Galeries, Pistolet Original et bientôt la Maison Dandoy. « Le festival Pimp My Street a pour objectif de renforcer cette dynamique positive. J’espère que cet événement donnera envie à d’autres commerçants de s’installer durablement au cœur de l’Îlot sacré ».

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