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L’Indonésie n’a toujours pas banni ses tests de virginité sur les candidates aux forces de l’ordre

En Indonésie, les femmes doivent être vierges pour entrer dans la police ou dans l'armée. | © AFP PHOTO/Oka BUDHI

Société

Reconnus internationalement comme une violation des droits de l’homme, les tests de virginité sont toujours effectués sur les recrues policières et militaires indonésiennes, dénonce Human Rights Watch.

 

C’est la énième fois que la pratique est dénoncée sur l’archipel. Ce mercredi 22 novembre, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch pointe une nouvelle fois du doigt les tests de virginité effectuées sur les candidates aux forces de l’ordre du pays. Ordonnés par les dirigeants militaires, ces examens visent à déterminer leur « mentalité ». Si elles y échouent, elles sont considérées par les autorités comme « des femmes de petite vertu » indignes de porter l’uniforme.

Cruel, inhumain et dégradant

Oui, en Indonésie, les femmes doivent être vierges pour entrer dans la police ou dans l’armée. Du moins lors de leur recrutement. En 2014, Human Rights Watch dénonçait déjà une pratique « cruelle, inhumaine et dégradante ». « L’armée devrait immédiatement mettre fin à ces examens de virginité contraires à l’interdiction des traitements cruels, inhumains et dégradants prévue dans le droit international », déclarait l’organisme dans un communiqué. Dans le même temps, l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) affirmait que ces tests de virginité n’avait aucune validité scientifique.

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Pourtant, trois ans plus tard, les examens semblent toujours en cours sur l’archipel. Ce mercredi, Human Rights Watch dit avoir appris – de la part d’officiers supérieurs de l’armée et de la police – que les tests étaient toujours réalisés pour des raisons de santé mentale et de moralité. Jugés particulièrement envahissants, ces tests dits « des deux doigts » consistent à vérifier manuellement si l’hymen des candidates est intact, attestant ainsi leur virginité.

« Nous avons dû nous déshabiller alors qu’il y avait vingt personnes dans la pièce. Nous ne nous connaissions pas. C’était très perturbant. J’avais peur de perdre ma virginité à cause du test. Ils ont introduit deux doigts. Ça faisait mal. J’ai une amie qui s’est évanouie tellement ça faisait mal », racontait à Libération une jeune femme de 24 ans qui a dû subir ces tests qui, comme le rappelle l’ONG, ont été internationalement reconnus comme une violation des droits de l’homme. « Les tests de virginité sous contrainte compromettent la dignité des femmes et violent leur intégrité physique et mentale », écrit HRW.

Insouciance du gouvernement

Malgré les dénégations officielles et la valeur primordiale encore accordée à la virginité féminine en Indonésie, Human Rights Watch continue d’accuser l’insouciance du gouvernement indonésien à respecter les droits humains. Nisha Varia, directrice de la défense des droits des femmes chez Human Rights Watch, a demandé au président Joko Widodo d’ordonner aux officiers supérieurs de l’armée et de la police de bannir ces pratiques contraires au droit international.

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De son côté, un porte-parole de la police a assuré avoir aboli les tests au sein des forces de l’ordre depuis trois ans déjà. Selon lui, les vérifications se limitent aujourd’hui à la détection de maladies vénériennes et son effectuées par du personnel féminin seulement.

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