Paris Match Belgique

En plein Black Friday, l’image coup de poing d’Amnesty International pour dénoncer la vente d’êtres humains

Amnesty International dénonce une "coopération meurtrière" entre l'Union Européenne et la Libye. | © Capture d'écran Instagram

Société

Alors que viennent de démarrer les hostilités de l’incontournable Black Friday, Amnesty International frappe (et fort) là où ça fait mal.

 

« Amnesty International demande aux dirigeants de l’Union européenne d’intensifier les efforts pour sauver des vies en Méditerranée et de cesser de coopérer aux renvois des personnes migrantes en Libye. » Pour faire entendre haut et fort son message, la section belge francophone d’Amnesty International a saisi l’occasion du sacro-saint Vendredi Noir pour interpeller les esprits.

Lire aussi > Des migrants vendus comme esclaves en Libye : Les images qui indignent

La photo fait presque froid dans le dos. Alors que la folle transhumance du Black Friday a déjà débutée, l’ONG publie une image choc sur ses réseaux, celle d’un migrant avec une étiquette de promotion collée sur le front. L’objectif, demander à la Belgique d’arrêter toute coopération avec les autorités libyennes qui consiste à ramener les migrants et réfugiés vers la Libye où ils sont victimes d’abus tels que le viol, la torture, l’esclavage et la détention. « Aujourd’hui, des migrants en provenance d’Afrique sont vendus comme esclaves sur des marchés en Libye », écrit Amnesty. « Pratique intolérable qu’on pensait disparue depuis deux siècles. »

La vente d’être humains ? « Un combat hélas toujours d’actualité », déplore l’ONG qui dénonce une « coopération meurtrière » entre l’Union Européenne et la Libye. « La coopération des gouvernements européens avec les garde-côtes libyens aboutit à de nombreux abus », écrit l’ONG. « Les réfugiés et migrants interceptés en mer sont reconduits vers la Libye, un pays où la détention systématique, la torture, l’esclavage, le viol et les violations des droits humains sont rapportés par notre organisation », ajoute-t-elle, appelant à signer une pétition directement adressée au Premier ministre Charles Michel.

« Depuis plusieurs mois, nous alertons sur la terrible situation que subissent les réfugiés et les migrants en Libye, où ils sont victimes de torture, d’esclavage, de viol, de détention systématique, etc. », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. « Nous demandons aux États-membres européens et à la Belgique particulièrement d’arrêter toute coopération avec les autorités libyennes et de concentrer leurs efforts sur l’amélioration du respect des droits humains dans le pays en travaillant notamment sur la mise en place de voies sûres et légales pour les migrants et réfugiés », poursuit-il.

40 millions d’esclaves dans le monde

Les récentes révélations sur la vente de migrants africains à Tripoli relance le débat autant que le combat autour de la question de l’esclavage moderne.

Ainsi rappelle-t-on que dans le monde, plus de 40 millions de personnes, dont un quart d’enfants, sont actuellement réduits en esclavage, selon une étude menée en 2016. Si les chiffres sont probablement en-deçà de la réalité, comme le soulignent l’Organisation mondiale du travail (OIT), l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM) et le groupe de défense des droits de l’homme Walk Free Foundation.

Lire aussi > Enchères de migrants en Libye : face à l’indignation générale, Tripoli ouvre une enquête

Ainsi se souvient-on que la notion d’esclavage moderne regroupe le travail forcé et le mariage contraint, qui concernent respectivement 25 et 15 millions de personnes. Parmi les travailleurs forcés, dont plus de la moitié sont tenus par des dettes et quelque cinq millions sont contraints de se prostituer, certains sont liés à leurs bourreaux car ils sont drogués, sous-payés, physiquement maltraités ou simplement parce qu’ils sont trop loin de chez eux pour s’affranchir. Les femmes représentent quant à elles plus de 70% des esclaves, soit 29 millions de personnes, tandis que dix millions de victimes sont des enfants.

Sur cette problématique, Amnesty International publiera un nouveau rapport le 14 décembre.

– Avec Belga

CIM Internet