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Pourquoi la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes tombe le 25 novembre

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Au Chili, des femmes sont descendues dans la rue et ont élevé leurs voix vendredi contre les violences faites aux femmes. | © AFP PHOTO / CLAUDIO REYES

Société

Derrière certaines journées internationales se cachent des histoires oubliées. Voici celle de trois sœurs engagées et sauvagement tuées, symboles de cette lutte contre la violence faite aux femmes.

Si vous demandez à n’importe qui ce que signifie pour lui le 25 novembre, nul doute que cela ne lui évoquerait pas grand chose sauf peut-être une journée dédiée aux regrets après un Black Friday trop impulsif. Pourtant cette date marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Et ce n’est pas un hasard si les Nations Unies ont choisi le 25 novembre pour parler des violences faites aux femmes. En 1960, en République Dominicaine, trois sœurs ont été brutalement assassinées parce qu’elles militaient pour leurs droits.

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Les sœurs Mariposas

Les sœurs Mirabal sont des filles de riches commerçants. D’une beauté légendaire et d’une intelligence prodigieuse, c’est Minerva qui attire immédiatement le dictateur Rafael Trujillo lors d’une fête en l’honneur de celui-ci en 1949. Mais l’ainée le repousse. Autre fête, autres avances et autre refus. La famille décide de s’enfuir et déclenche la colère d' »El Jefe ». Le père présente ses excuses mais ce n’est pas assez : il est arrêté, emprisonné, humilié et torturé. Tant de brutalité va mener à la fragilisation de son cœur et à son décès. Minerva passa également par la case prison, ce qui la conforte encore plus dans son combat.

Les années passent, les trois sœurs Mirabal, qui se font appeler « Mariposas » (papillons en espagnol), se marient à des hommes révoltés contre le régime, tout comme elles. Première femme doctorante de l’université de droit, Minerva reçoit son diplôme des mains de Trujillo qui lui fait la promesse qu’elle ne pourra jamais exercer.

Combat d’une vie

Fin des années 50, la chute de plusieurs dictateurs en Amérique latine lève l’espoir de changement dans leur pays. Le mouvement politique antitrujillista est né. Mais ses membres sont dénoncés quelques temps après sa création. Résultat : des centaines sont emprisonnées et torturées.

Arrestations, tortures, voilà alors le quotidien des sœurs Mirabal. Jusqu’en 1960, lorsque, le soir du 25 novembre, elles décident de rendre visite à leurs maris emprisonnés. A bord d’une jeep, elles sont arrêtées pour un autre véhicule à coups de rafales de balles. Amenées loin de la route, dans un endroit discret, elles sont massacrées à la machette puis replacées dans leur voiture, jetée ensuite du haut d’un précipice. 

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Les trois sœurs n’auront jamais connu la démocratie mais la nouvelle de leur mort révolte en République Dominicaine. Quelques mois plus tard, le 30 mai 1961, Trujillo est assassiné mais il faut encore attendre quelques années avant que le pays ne sorte de la guerre civile. Seule la quatrième sœur a survécu.

En 1999, l’ONU vote une résolution pour faire du 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

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