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Sur Internet on partage tout, sauf notre recherche d’emploi

Pourquoi a-t-on peur de faire savoir à nos contacts en ligne qu'on est en recherche d'emploi ? | © Flickr/David Ramos

Société

Une étude dévoile notre crainte (paradoxale) à étaler sur les réseaux sociaux notre recherche d’emploi. Le boulot, c’est tabou, on en viendra tous à bout ?

Le chat qui dort, les feux de cheminée, les repas entre copains, le dernier achat, les premiers pas et même le premier pot : nos followers, qu’ils soient sur Instagram, Facebook, Twitter ou d’autres plateformes plus obscures, savent tout de nous. Ou presque : s’il y a bien une chose qu’on aimerait ne jamais devoir avouer sur Internet, c’est que l’on est à la recherche d’un nouvel emploi. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude réalisée par le site d’offres d’emploi Indeed, intitulée « Privacy of Job Search ».

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Dix mille chercheurs d’emploi interrogés et neuf pays plus tard, Indeed peut désormais déclarer que deux tiers des sondés ont peur que l’on découvre qu’ils sont à la recherche d’un nouveau job. « Les résultats varient d’un pays à l’autre, mais font apparaître certaines craintes dans le monde entier, leurs causes sous-jacentes et le caractère profondément personnel de la recherche d’un emploi », soulève ainsi l’agence en ligne. Et c’est sur les réseaux sociaux que cette crainte s’exprime le plus, ou plutôt veut être le plus tue : un quart des personnes interrogées assurent qu’il s’agit là du sujet qu’elles sont le moins susceptibles de partager en ligne. Tout comme parler d’argent et de ses finances personnelles, le boulot est le dernier tabou du web.

Vous avez dit paradoxal ?

La première cause de ce non-dit en ligne, c’est le crainte que son employeur ne le découvre, forcément. À l’heure où avoir son patron dans ses contacts Facebook est de plus en plus courant, pas étonnant qu’on hésite à s’épencher sur sa situation au travail. Mais pour plus d’un tiers des interrogés, c’est surtout le peur de ne pas décrocher d’emploi et pour 20% d’être déprimés par un échec qui empêche de partager la nouvelle sur les réseaux sociaux et ceux dédiés. Paradoxal, non ? « Les chercheurs ont noté que la peur contribue à taire le processus de candidature. La moitié des chercheurs d’emploi ne diraient pas à leur partenaire qu’ils vont postuler », dévoile l’étude. Ainsi, ce sont les plus de 55 ans qui cachent le plus leur recherche d’emploi, et ce même à leur partenaire : 60% des compagnons des candidats ne seraient pas au courant.

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©Flickr/Kainet

En revanche, on ne vit pas sa recherche d’emploi de la même manière qu’on soit Portugais ou Australien. Ce sont les Britanniques qui sont le plus anxieux que d’autres ne la découvrent, tandis que les Hollandais sont le plus relax sur le sujet.

 

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