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Après des lettres de menaces, cette élève victime de harcèlement reçoit des messages d’amour

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Les lettres de menaces déposées dans son casier. | © Capture d'écran Twitter

Société

Choquées par les lettres de menaces adressées à sa nièce de 11 ans, Ophélie a décidé de le publier sur Twitter. 48 heures plus tard, Manon a reçu des centaines de messages de soutien.

« Vous trouvez ça normal qu’à 11 ans ils aient des propos pareils… », dénonce Ophélie sur Twitter en publiant les lettres de menaces dont fait l’objet sa nièce de 11 ans. « Manon a reçu quatre messages dans son casier au collège depuis la semaine dernière, raconte-t-elle à franceinfo. J’ai trouvé ça tellement choquant et énorme que j’ai décidé de les publier ». Dans ces lettres anonymes et bourrées de fautes d’orthographe, les propos sont insoutenables. « Tu vas crever sale pute », « tu vas mourir ou alors on va tout faire pour que tu te suicides », « à ce soir à la sortie », « tu crois que c’est en allant voir la CPE que tout va s’arrêter? », « je suis là avec les filles, on te surveille », peut-on lire sur les feuilles quadrillées.

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Ophélie explique qu’une plainte a été déposée par ses parents, précisant que Manon a perdu les siens. « La conseillère principale d’éducation du collège s’en occupe aussi, elle l’accompagne à la sortie des cours et il y a des recherches lancées pour identifier les personnes », ajoute-t-elle à franceinfo.

Son message, retweeté plus de 27 000 fois en deux jours, a choqué et ému des centaines de personnes. Ophélie Dodeman affirme avoir reçu plus de 200 lettres de soutien destinées à sa nièce. « C’est des messages sur Twitter pour l’instant, mais d’autres vont m’être envoyées par la poste, dit-elle. Je les donnerai à Manon ce week-end ».

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Interrogé par franceinfo, Mahieddine Meraoubi confie qu’il s’est senti « obligé de répondre » et d’écrire une « petite lettre » à Manon. « Je lui ai dit de ne pas se laisser abattre, de s’en servir pour devenir encore plus forte, de transformer toute cette énergie négative pour aller encore plus haut », explique ce jeune homme de 19 ans. « On n’adresse pas des lettres comme ça à une enfant, surtout pas en lui parlant de suicide. Ça peut faire perdre la confiance en soi à un enfant, alors que c’est le truc à ne pas perdre ».

Pas un cas isolé

La démarche d’Ophélie met en lumière un phénomène existant dans toutes les écoles, et poussant certaines victimes à se donner la mort. En 2016, l’OMS révélait qu’en Belgique francophone, 28% de garçons et 18% de filles âgés de 11 ans avaient subi 2 à 3 harcèlements par mois contre seulement 11% en Flandre.

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