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Comment un terroriste du Bataclan s’est retrouvé exposé dans un « Musée des martyrs »

Aux côtés de Martin Luther King, Socrate et Sainte Apolline, le portrait d'Ismaël Omar Mostefaï, l'un des auteurs de l'attentat du Bataclan. | © Facebook : Märtyrermuseum / Ausstellung

Société

Initiée le 29 novembre dernier, l’exposition « Le musée des martyrs » crée la polémique depuis plusieurs jours en France.

Réunies au sein d’une seule et même exposition, les personnalités sont toutes mortes pour leurs idées. Intitulée « Le musée des martyrs », l’expo présentée sur Mariannnenplatz à Berlin partait d’une belle intention : leur rendre hommage. Seulement voilà, parmi les figures exposées – de Martin Luther King en passant par Socrate – certaines ont suscité l’indignation. Notamment celle d’Ismaël Omar Mostefaï, l’un des auteurs de l’attentat du Bataclan.

Confusion entre martyr et terrorisme

« Scandaleux ! À Berlin, l’un des terroristes du Bataclan exposé tel un martyr aux côtés de Martin Luther King et Socrate », lit-on sur les réseaux sociaux devenus rapidement un volcan de critiques. Repéré par le journal allemand Bild, l’exposition installée non loin de l’ancien mur de Berlin met en avant des figures historiques mortes pour leurs convictions. Afin de justifier cette démarche artistique, la directrice de l’installation Ricarda Ciontos a expliqué dans les colonnes de Bild que « les artistes ont voulu élargir le concept de martyr ». « Le terme ‘martyr’ est utilisé différemment dans d’autres pays ou d’autres cultures. Si vous regardez par exemple les musées des martyrs en Iran ou en Irak, dans d’autres pays islamiques, vous verrez que ces musées honorent des gens que nous considérons comme des meurtriers ou des terroristes« , s’est-elle ensuite justifié auprès de la radio-télévision publique RBB.

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Au Danemark, après avoir présenté leur projet, les deux artistes Ida Grarup et Henrik Grimbäck avaient déjà essuyé de nombreuses critiques. Car en plus de mettre en avant le portrait d’Ismaël Omar Mostefaï, l’exposition affiche aussi les portraits de Mohammed Atta, le chef du commando du 11-Septembre, ainsi que celles des auteurs des attentats-suicides de Bruxelles. Un parti-pris jugé « profondément choquant » par l’Ambassade de France en Allemagne. « Tout en appelant notre attachement à la liberté de la création artistique, nous dénonçons la confusion ainsi faite entre martyr et terrorisme », a expliquée la représentation diplomatique au Parisien. Également interrogé par le quotidien français, l’association des attentats du 13 novembre « Life of Paris » dénonce « une provocation haineuse et intolérable à visée purement médiatique ». Ainsi l’asbl a-t-elle demandé « le retrait immédiat de la photo incriminée ».

Sur Twitter, plusieurs politiques et responsables associatifs ont également dénoncé cette oeuvre.

Victime de l’islamisme

Armé d’une ceinture d’explosifs et d’une kalachinikov, Ismaël Omar Mostefaï s’est donné la mort causant ainsi celle de 90 personnes dans la salle de concert du Bataclan à Paris, dans la nuit du 13 au 14 novembre 2016. Dans l’audioguide du « Musée des martyrs », on peut entendre qu’Ismaël Omar M. « pensait devoir se sacrifier pour son combat contre la culture occidentale », rapporte encore Bild.

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