Paris Match Belgique

Une « cène » peinte en partie par de Vinci est accrochée à l’abbaye de Tongerlo

Une série de copies de la toile sont éparpillées dans le monde. | © Da Vinci

Société

La copie de la « Cène » de Da Vinci exposée à Westerlo aurait en réalité été peinte en partie par le maitre italien lui-même, faisant de la pièce belge un trésor inestimable.

C’est l’un des chef-d’œuvres de Léonard de Vinci : une large fresque représentant Jésus et ses apôtres, colorée et empreinte de mysticisme ; la fameuse « Cène ». Si presque tout le monde connait les contours de cette peinture légendaire, peu sont ceux qui savent qu’il en existe une série de copies, disséminées à travers le monde : à Milan, au Vatican, à Oxford et… à Westerlo, dans l’abbaye de Tongerlo. Et alors qu’on a longtemps cru que la copie belge n’était que l’œuvre des leonardeschi, les petites mains du maitre, la toile aurait bien été touchée par le génie italien.

Le tableau de huit mètres sur quatre, l’un des plus ressemblants de la collection, aurait bien été peint, du moins en partie, par Da Vinci lui-même, révèle aujourd’hui la presse flamande. La découverte a été faite par l’historien américain Jean-Piere Isbouts, qui conduit depuis plusieurs années une étude sur les jeunes années du peintre à Milan, où la « Cène » a été créée en 1495. « Nous avons examiné les trois copies que les élèves de Da Vinci avaient réalisé quelques années plus tard. À notre grande surprise une copie internationalement rare dans l’abbaye de Tongerlo s’est révélée être celle qui ressemblait le plus [à l’original] – les personnages de Jean (à gauche de Jésus) et de Jésus (au centre) ont même été peints par de Vinci lui-même, parce qu’il n’y a pas d’esquisse en dessous », explique l’historien à la VRT.

Lire aussi > L’histoire de « Salvator Mundi », le tableau oublié de Leonard de Vinci devenu le plus cher du monde

©EPA/ALESSANDRO DI MARCO

Un crowdfunding pour le tableau

Alors que les pigments à la surface de l’original, qui repose dans la Basilique Santa Maria delle Grazia, ne sont plus visibles qu’à 20%, la copie de Westerlo est quant à elle dans un bien meilleur état, permettant aux connaisseurs d’admirer des détails disparus sur la toile maitresse. Mais bien que les moines de l’abbaye de Tongerlo aient pris grand soin du tableau, son état s’est tout de même dégradé au fil des ans. Jean-Piere Isbouts estime que la restauration coûterait plus de 500 000 euros.

Bien décidé à trouver les fonds pour remettre à neuf cette toile désormais inestimable, l’homme a déjà convaincu une douzaine d’entreprises et d’organisations flamandes de soutenir financièrement son projet. « Au 16e siècle, la frontière entre maitre et élève était bien plus mince, et c’est un chef-d’œuvre extrêmement précieux, même si cela n’est dû qu’à l’état de la fresque originale », confiait ainsi l’historien à la VRT.

Et si l’abbaye est d’ordinaire fermée au public l’hiver, la récente découverte pourrait permettre de faire une exception, afin de laisser aux aficionados de l’art l’opportunité de voir la toile au plus vite.

CIM Internet