Paris Match Belgique

« Féminisme » sacré mot de l’année aux États-Unis

Le mot a été l'un des plus consultés tout au long de l'année. | © Flickr : Gustave Deghilage

Société

Selon le célèbre dictionnaire américain Merriam-Webster, Inc., le mot « féminisme » a été l’un des plus consultés tout au long de l’année.

 

Le mot de l’année 2017 aux États-Unis est « féminisme », porté notamment par les attaques verbales de Donald Trump contre des femmes, et l’avalanche d’accusations d’agressions sexuelles dans le sillage de l’affaire Weinstein, a annoncé ce mardi 12 décembre le groupe Merriam-Webster. Le mot a été l’un des plus consultés tout au long de l’année, selon un communiqué du plus important dictionnaire américain qui publie son palmarès annuel.

Lire aussi > Le message optimiste et féministe de Meryl Streep

Le même jour, le président américain Donald Trump s’est une nouvelle fois illustré via son compte Twitter personnel, rejetant les « histoires inventées » des femmes qui l’accusent de comportements sexuels déplacés, et attaquant également la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand.

AFP PHOTO / Eleftherios Elis

Préoccupation centrale

La situation des femmes a été l’un des grands sujets de discussion en 2017 aux États-Unis. Fin janvier, plusieurs centaines de milliers de personnes avaient défilé dans le pays après l’investiture de Donald Trump. Nombre d’entre elles portaient des bonnets roses à oreilles de chat (« pussy hats »), devenus le symbole de l’opposition au nouveau président.

Lire aussi > Pourquoi l’année 2018 sera effectivement violette

Le terme « pussy », qui désigne en anglais l’animal domestique ou le sexe féminin, avait été avait utilisé par M. Trump dans une vidéo datant de 2005 qui avait fait scandale pendant la campagne, où il se vantait de pouvoir « attraper » les femmes « par la chatte ».

Féminisme sous projecteurs

Le mot « féminisme » est resté dans l’actualité grâce à Hollywood, avec la sortie au printemps du film Wonder Woman où la super-héroïne était interprétée par Gal Gadot, et le succès de la série La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale) qui dépeint une société américaine basculant dans une dictature ultra-conservatrice, menée par une caste qui use de l’esclavage sexuel pour se perpétuer. Et il s’est définitivement imposé avec les accusations d’agressions sexuelles contre le célèbre producteur Harvey Weinstein et les nombreuses autres allégations qui ont suivi dan s le mon de du spectacle, de la politique et des médias.

Lire aussi > Pour l’ambassadrice américaine à l’ONU, les accusatrices de Donald Trump devraient être entendues

Le sujet promet en tout cas de rester central, avec l’élection sénatoriale en Alabama, qui implique l’ultra-conservateur Roy Moore, candidat soutenu par Trump et qui est accusé d’attouchements sur des mineures à la fin des années 1970. Le président, dans sa série habituelle de tweets matinaux, a réitéré ce mardi son appel à voter pour Moore, en lettres capitales. Il s’est également illustré via ce canal de communication, s’en prenant à la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand, qualifiée de « poids plume ». La décrivant comme quelqu’un qui, « il n’y a pas si longtemps, venait dans (son) bureau en suppliant pour des dons pour sa campagne », il a ajouté qu’elle était « prête à tout » pour obtenir ces financements.

La principale intéressée a dénoncé des « calomnies sexistes », mais la porte-parole de l’exécutif américain Sarah Sanders a indiqué qu’il fallait « avoir l’esprit mal tourné » pour voir dans le tweet du président quelque allusion sexuelle que ce soit.

– Avec Belga

CIM Internet