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Femmes otages : s’arracher à l’enfer

Maude Julien | © Patrick Fouque/Paris Match

Société

Dès sa naissance et pendant dix-huit ans, Maude Julien a vécu enfermée sous la coupe d’un père délirant. Nous avons aussi rencontré Amanda et Liana, deux autres femmes « otages » dont les vies ont été fracturées.

 

Chez la pétillante Maude Julien, impossible de déceler son sombre passé. Pendant les dix-huit premières années de sa vie, elle a vécu sous la coupe d’un père despotique, qui ambitionnait d’en faire un être exceptionnel, capable de sauver le monde en proie aux forces du mal. La lumineuse résiliente, devenue psychothérapeute, raconte son histoire dans Derrière la grille  (éd. Stock). Son incroyable parcours a démarré sous le signe du sadisme pathologique de son père.

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Tout commence vingt ans avant sa naissance. Louis Didier, son futur père, alors âgé de 34 ans, convainc un mineur du Nord, sans argent, père de huit enfants, de lui confier Jeannine, sa fille de 6 ans. Les termes de l’accord sont clairs : elle ne manquera de rien, en retour sa famille ne la reverra plus. À 22 ans, la jeune femme devient la femme de son tuteur, de trente ans son aîné. Elle sera « l’écrin pour contenir la perle », la génitrice de l’être exceptionnel. Leur fille, Maude, naît le 23 novembre 1957. Elle n’a pas encore 4 ans quand la famille s’installe dans une commune de 1 000 habitants, à une cinquantaine de kilomètres de Lille. C’est là que Louis Didier décide de se consacrer à l’œuvre de sa vie.

Privations de sommeil, de liberté et mauvais traitements, comme celui de la « clôture électrique »

Difficile de séparer l’insensé dessein paternel d’entraînements pervers : il impose privations de sommeil, de liberté et mauvais traitements, appelés « exercices », comme celui de « la clôture électrique ». Maude doit tenir un fil électrifié entre ses mains pendant dix minutes, sans rien laisser paraître. Une fois par mois, elle reste toute la nuit dans la cave infestée de rats, afin de méditer sur le royaume des morts, « pour qu’ils s’habituent à moi et que je m’habitue à eux ». Le manipulateur assure à sa fille qu’une fois mort il pourra revenir de l’au-delà. Lorsqu’il décédera, en décembre 1979, elle redoutera longtemps sa réapparition.

Autre épreuve  : son père pénètre, sans prévenir, dans sa chambre en pleine nuit. Elle a trente secondes pour s’habiller, doit faire le tour du jardin seule dans le noir en suivant toujours le même parcours. C’est le « test du courage ». Pour s’en donner, l’enfant parle à ses « amis imaginaires », à son chien Linda et à son poney. À ces terrorisantes séances s’ajoutent toutes sortes d’entraînements sortis d’un cerveau délirant : manier les armes pour la préparer à un duel, tenter de plier du métal avec son seul esprit, ne pas parler pendant plusieurs semaines en cas d’interrogatoire, faire des heures de gymnastique, en vue d’intégrer un cirque, se concentrer sur ses mains pour les rendre de plus en plus fines jusqu’à ce qu’elles s’échappent des menottes, apprendre à quitter son corps pour jouer les espionnes…

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La fillette, conditionnée, vit mal ses échecs ; elle obéit aveuglément aux ordres de l’Ogre, sans se poser de questions. Ainsi, depuis l’âge de 7 ans, bien qu’elle déteste cela, elle boit de l’alcool à l’apéritif et à table. Le but ? Apprendre à tenir, « car les négociations difficiles sont toujours arrosées, ceux qui tiennent l’emportent sur les autres », justifie son père. « Il m’a flingué le foie : je ne peux plus boire une goutte », constate-t-elle aujourd’hui.

Pour apprendre à nager, sa mère, elle aussi sous emprise, la jette dans une piscine à plusieurs reprises et la rudoie lorsqu’elle pleure après avoir manqué de se noyer. Depuis, Maude déteste les baignades. « Bien que très bonne nageuse, je n’arrive pas à prendre du plaisir ». Sans parler de son emploi du temps réglé à la minute : réveil à 6 heures, dix minutes pour petit déjeuner, trente minutes de solfège, vingt de marche rapide, quarante de révisions. Une de ses tâches quotidiennes : réveiller son père et lui tenir le pot de chambre ! L’après-midi est consacré à divers tests et devoirs. Extinction des feux à 23h30. De ce rythme militaire, il lui reste encore quelques réflexes. « Je n’arrive pas à faire une grasse matinée. Je n’ai pas besoin de réveil pour me lever ». C’est donc dans la peur et le mépris parental que Maude grandit. Elle ne connaît ni affection, ni jeux, ni fêtes, autant de distractions qui pourraient l’éloigner de sa sacro-sainte mission. Le jour de son anniversaire, au lieu de souffler des bougies, elle planche sur des problèmes des heures durant. Des séquelles persistent : « Je ne fête pas mon anniversaire. Mais j’aime organiser celui des autres, cela peut durer des semaines ! confie-t-elle en riant. En revanche, j’ai du mal à être totalement dans l’ambiance, c’est comme si je n’avais pas le droit d’y être ». Et ces heures passées à étudier, pour rien ! « Quand je suis sortie, j’étais besogneuse car j’avais appris à travailler vingt heures sur vingt-quatre, mais j’étais bête. J’apprenais des choses incohérentes. C’était un méli-mélo. Pendant des années, j’ai cru que De Gaulle et Vercingétorix étaient contemporains ».

Son père l’oblige à maltraiter son poney en l’alcoolisant de force

Parmi les nombreuses théories du tyran, il y a « laver enlève les défenses immunitaires ». Ainsi, Maude et sa mère ne se shampouinent qu’une fois par mois. Les plats et les couverts ne sont lavés qu’une fois par semaine, la baignoire et les lavabos n’ont jamais vu une éponge, les draps et les serviettes sont nettoyés deux fois par an, et le linge de corps mensuellement. Dans cette prison austère et puante, la compassion est prohibée. La marque des faibles… La cruauté paternelle va jusqu’à forcer la fillette à maltraiter son poney, Périsaut, en l’obligeant à boire de l’alcool et à manger de la viande de cheval. La leçon du père est simple : son pouvoir est tel qu’il peut même contraindre la nature. Maude l’entendra souvent répéter : « je peux faire n’importe quoi à n’importe quel esprit faible », ou encore « tout ce que tu feras, je le saurai ». Cette croyance chancelle le jour où elle ose prendre deux feuilles de papier toilette au lieu de l’unique autorisée, sans que son père s’en aperçoive. Le mythe commence alors à lentement se fissurer.

Au contraire, sa mère, plus fragile, ne cessera de le vénérer. « Elle le considérait comme un demi-dieu. Pas un instant elle n’aurait songé pouvoir s’opposer à lui. Elle ne faisait rien sans son autorisation. Elle l’a toujours appelé M. Didier, et vouvoyé. Elle ne pouvait pas se rebeller, car elle n’avait pas l’espace psychique nécessaire, cet espace de liberté que j’ai eu grâce à la lecture et aux animaux qui m’entouraient ». Même après la mort de M. Didier, Jeannine restera sous son emprise. « C’est dur de n’avoir jamais eu quelqu’un à appeler “maman”, regrette Maude. En tant que thérapeute, je comprends qu’elle m’en veuille d’avoir brisé l’emprise, mais, étant sa fille, cela reste difficile pour moi ».

Le jardinier la viole et menace de tuer son chien si elle parle

Dans le quartier, tout le monde ignore ce qui se passe derrière les lourdes grilles de la sinistre propriété. La famille vit recluse, presque en autarcie. Les visites sont rares : les différents professeurs de musique, le boucher qui vient découper les bêtes, achetées sur pied, et Raymond, le jardinier, embauché deux fois par mois pour les gros travaux. Un homme que Maude rêve de tuer, et pour cause : il la viole et achète son silence en menaçant de tuer son chien. « La première fois qu’il m’a chopée dans la cave, j’avais 6 ans. […] Il attrape un tournevis et le promène sur mon corps. Souvent il l’appuie fort à l’intérieur de mon sexe et dans l’anus ». À 13 ans, elle ose l’affronter du regard : « Je le fixe, et c’est lui qui commence à avoir peur ». De cet instant, il n’a plus jamais posé la main sur elle. La voilà libérée, mais pas encore libre.

C’est finalement à 19 ans qu’elle rencontre Richard. C’est un timide jeune homme de 25 ans. À Dunkerque, elle suit des cours de musique chez M. Mollin, un homme intuitif et subtil qui est parvenu à obtenir de Louis Didier de laisser sa fille venir répéter tous les jours. Richard est l’un des élèves. Rapidement, le père accepte le mariage et le départ de sa fille en lui faisant promettre de revenir six mois plus tard « pour accomplir sa mission ». Maude ne tiendra évidemment pas sa promesse. Commence alors un long apprentissage de la vie. « J’étais absolument incapable de marcher dans la rue. C’était nouveau. Dans la maison, j’étais toujours -arrêtée par des grilles et je ne croisais jamais personne. Alors quand quelqu’un me doublait, je tombais. J’étais obligée de suivre un rythme, comme si j’avais un métronome dans la tête, pour ne pas tomber ni dévier de ma trajectoire. Manger en écoutant et en parlant, sans m’étouffer ou sans baver, s’est avéré tout aussi compliqué. J’avais toujours mangé dans le silence ou en écoutant les enseignements de mon père ». Enceinte de sa première fille -Laurence, elle est « émerveillée », mais après sa naissance « je regardais les autres mamans dans le parc pour voir comment elles s’y prenaient ». Quant à l’instinct maternel, « je l’avais déjà avec les bébés animaux dont je m’occupais chez mes parents ».

Trois ans après son départ, son père meurt. Une libération ? « Pas du tout. J’étais soulagée d’être sortie, mais je me sentais coupable d’avoir failli à ma mission. J’avais le sentiment de l’avoir trahi en n’accomplissant pas l’œuvre de sa vie ». L’emprise durera encore quelques années, avant qu’elle finisse par ouvrir les yeux. La prise de conscience est brutale. « J’ai eu des attaques de panique ; j’ai souffert de boulimie, d’agoraphobie, j’ai eu des accès de violence envers moi-même et envers les autres »… même envers ceux qu’elle considère comme ses parents, les parents de son deuxième mari, Marc Julien. Ensemble, ils auront une fille. « C’est avec Marc que j’ai vu mon premier film, c’était un “Indiana Jones”. Il m’a fait découvrir la BD aussi ». Peu à peu, au fil d’un patient travail sur elle-même, seule, elle réussit à se sortir de ses schémas de comportement. Mais des traces persistent.

Trente-huit années après la mort de son gourou, des traumatismes subsistent. « J’ai deux phobies dont je n’ai jamais pu me débarrasser : la phobie des rats, et je suis terrifiée lorsque quelqu’un aspire bruyamment en mangeant sa soupe. Mon père mangeait comme ça ». Et, si elle semble avoir tourné la page, son corps se souvient. « Avant de devoir m’exprimer en anglais pour présenter mon livre, j’ai été infectée par une bactérie dans la gorge », explique-t-elle. Une réaction psychosomatique, selon elle, car l’ogre lui interdisait d’apprendre la langue de Shakespeare pour ne pas trahir l’allemand. « C’est encore une des choses que je dois régler. Je ne veux pas que mon père rétrécisse mon monde ». Seul héritage de cette époque maudite : la lecture. Une gigantesque bibliothèque occupe un pan de mur entier dans son cabinet. « Mon père voulait que je lise Zola, Dickens… pour que je comprenne combien le monde était horrible. Cela a eu l’effet contraire. Dans “Le comte de Monte-Cristo”, j’ai éprouvé l’évasion ». Si aujourd’hui elle continue à être sujette à des coups de déprime, elle affirme, néanmoins, avec un immense sourire : « Mes peurs sont apprivoisées. On s’en sort, c’est certain ! » 

Amanda Lindhout, reporter. – © Eric HADJ/PARISMATCH

Otage des islamistes abusée, torturée…

Le 23 août 2008, la vie d’Amanda Lindhout bascule dans l’horreur. L’insouciante jeune femme de 27 ans l’ignore encore ce matin-là, mais les membres d’une milice islamiste la surveillent depuis plusieurs jours. La journaliste canadienne, en recherche de reportages à proposer à France 24, se trouve alors à Mogadiscio, en Somalie, un pays alors en guerre civile. « Il ne faisait aucun doute que j’allais trouver des histoires intéressantes à raconter, dit-elle dans son livre “Une maison dans le ciel” [éd. Seramis]. Je savais qu’il se passait des choses terribles. Je n’étais pas totalement naïve ». -D’autant qu’un Italien croisé quelques jours plus tôt à l’aéroport l’avait alertée : « Faites vraiment attention à Mogadiscio. Votre tête vaut un demi-million de dollars ». 650 000 en -réalité…

Sans se méfier, elle se réjouit d’avoir pu obtenir un entretien avec Hawa Abdi, une gynécologue somalienne, très active dans la défense du droit des femmes. Elle est accompagnée d’un photographe, Nigel Brennan, d’un fixeur, Abdi, de leur chauffeur et de deux soldats du Gouvernement fédéral de transition. À la sortie de la capitale, leur 4 x 4 est arrêté par une douzaine d’hommes armés. Amanda croit d’abord à un braquage. Mais, bien plus que quelques dollars ou du matériel photo, c’est sa liberté que lui vole alors le groupe -islamiste. La rançon est fixée à 1,5 million de dollars canadiens, puis réduite à 650 000 dollars. Tandis qu’au Canada ses proches s’efforcent de réunir cette somme astronomique, Amanda vit l’enfer.

Les viols commencent trois mois après l’enlèvement, au moment où les ravisseurs séparent la jeune femme du photographe, fin novembre 2008. Ils deviennent plus fréquents après l’échec de son unique tentative d’évasion en janvier 2009. Les pieds d’Amanda sont désormais attachés par de lourdes chaînes, « celles qui servent à fermer les portails », précise la captive, totalement déshumanisée. Et ses ravisseurs lui font payer cher l’attente de la rançon. « Ils lient les bras entre les coudes et les biceps, décrit-elle. Mes pieds sont -ramenés en arrière contre mon dos ». On lui bande les yeux avec son foulard « en m’écrasant le crâne et les globes -oculaires. Il me semblait que ma tête allait exploser ». Suivent trois jours d’indescriptibles souffrances.

L’horreur se termine à sa libération, le 25 novembre 2009. Mais elle mettra longtemps à se libérer de -l’oppression intérieure. « Cela a duré plusieurs années, nous explique-t-elle. J’étais incapable de vivre la vie d’une femme libre. Je me sentais entravée par mes blessures ». Étrangère à sa propre vie. « Je n’étais plus sur la même longueur d’onde que mes amies. Elles avaient continué leur vie, et moi je revenais habitée de tant de traumatismes. On ne se comprenait plus. Je me retrouvais souvent seule ».

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Tout cela semble derrière elle grâce au travail entamé avec la psychologue Katherine Porterfield, à laquelle elle dédie son livre. Amanda affirme : « Je vais bien ». Avant de concéder : « J’ai conscience que le -processus peut être long. Il se peut même qu’à 60 ans je continue d’être sujette à des syndromes post–traumatiques. C’est une lutte de chaque jour ». Elle regarde vers l’avenir. Projette d’écrire un ouvrage sur sa reconstruction, de continuer à voyager pour faire des conférences sur ce qu’elle appelle pudiquement son « expérience ». Et elle a retrouvé l’amour. « Après avoir vécu de telles violences sexuelles, cela a été difficile pendant plusieurs années. Il m’a fallu du temps pour abaisser ma garde, et me sentir en sécurité avec un homme ». Sans oublier cet étonnant défi qu’elle s’est lancé : « Me pardonner et pardonner aussi à mes ravisseurs, pour me libérer des émotions toxiques ».

3 ans en prison, une famille disloquée

Le 29 avril 2012, Liana Martin-Vallas est interpellée avec son mari, Christophe, et leur fils, Nathan, âgé de 15 mois, à l’aéroport de Puerto Plata alors qu’ils s’apprêtent à regagner Paris, après une merveilleuse lune de miel en République dominicaine. Onze kilos de cocaïne ont été trouvés dans son supposé bagage à main. « J’ai été condamnée à huit ans de prison. J’ai toujours clamé mon innocence. J’ai fait trente-deux mois, dont vingt-six en République dominicaine et six en France, à Fresnes, puis le reste sous bracelet électronique. Je suis en liberté conditionnelle jusqu’en mars 2019 », confie-t-elle. Un cataclysme pour cette « maman poule » arrachée à ses cinq enfants, Maëlle, 26 ans, Matteo, 16 ans, Melissa, 14 ans, Jeoffrey, 11 ans, et Nathan, 6 ans, nés de différentes unions. Pendant les presque trois années passées derrière des barreaux, elle doit se contenter de quelques lettres, d’appels téléphoniques succincts et de rapides visites au parloir. Un déchirement. Tant de moments avec eux à tout jamais disparus. Maëlle, l’aînée de la fratrie, regrette que sa mère n’ait pas été là le jour où elle a quitté le nid familial. « À son retour, j’étais un peu plus adulte, nous confie la jeune femme. Quand elle m’a vue passer le balai la première fois, elle a cru que c’était une blague ». Liana le répète : « On ne pourra pas rattraper le temps perdu. Aujourd’hui, je veux simplement profiter de chaque instant ». Voilà comment, elle qui déteste la mer depuis son incarcération en République dominicaine, a emmené ses deux cadets, l’été dernier, en vacances à la plage.

La prison a fini par détruire son mariage. Pendant la détention de sa femme, Christophe, papa du petit dernier, n’a pas souhaité s’occuper de ses quatre beaux-enfants. « Il en était responsable, s’insurge Liana. Le mariage, ce sont aussi des devoirs. Aujourd’hui, malgré notre divorce, nous nous entendons bien mais je ne lui pardonnerai jamais ». La fratrie est dispersée. En l’absence de sa mère, Maëlle parvient à échapper au foyer, s’installe en colocation en région parisienne. « J’ai abandonné mes études car je me disais que, de toutes les façons, elle ne serait pas là quand je serais diplômée. Je travaille, depuis, dans la restauration ». Matteo, lui, est envoyé dans une famille d’accueil dans le Sud. « Il en garde un bon souvenir », assure sa sœur. Melissa part vivre chez sa marraine, Jeoffrey chez son père. « Du fait de l’éclatement géographique, on ne se voyait pas beaucoup, regrette l’aînée de la famille. Donc, quand on se voyait, c’était assez intense. Un jour, je jouais avec Jeoffrey ; lui habituellement peu bavard, me dit soudainement : “Quand je pense à maman, je suis triste.” J’ai dû prendre sur moi pour ne pas craquer ». Aujourd’hui, le clan est plus que jamais soudé. « L’amour que nous nous portons a toujours été fort, insiste la jeune femme, le besoin d’être ensemble s’est exacerbé ».

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